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Patrimoine : le Pavois d’Alger se dévoile

Par Adlène Meddi 

Du côté du jardin de l’horloge fleurie, à Alger-centre, près de la Grande poste, vous avez sûrement remarqué un monument en chantier, cerné par des échafaudages et des bâches. Un monument bien connu des Algérois.

Il s’agit d’un coffrage en béton, œuvre du grand artiste M’hamed Issiakhem, datant de 1978.

Issiakhem et Bekkouche au pied du chantier en 1978

Mais pourquoi ce grand artiste a-t-il créé ce bloc de béton massif, avec quelques symboles de la période (chaînes qu’on rompt, révolution agraire…) ? Pourquoi cette forme massive en béton coulé ? Y a t-il quelque chose à cacher ?

Détail du chantier actuel

Effectivement, il y avait quelque chose à cacher. Et pour Issiakhem, surtout quelque chose à sauvegarder, malgré les aléas d’une histoire dramatique.

Nous sommes en 1978, à la veille des Jeux africains. Les autorités décident de détruire un monument hérité de la période coloniale, érigé en haut du jardin de l’horloge fleurie. Le monument en question, c’est l’ancien monument aux morts, le Pavois d’Alger, œuvre de 1929 signée d’un des plus grands sculpteurs du siècle : Paul Landowski. Ce nom ne vous dit rien ? Parmi ses œuvres les plus importantes, on compte la plus impressionnante, la gigantesque statue du Christ rédempteur de Rio de Janeiro, 38 mètres de haut, 1145 tonnes, érigée sur une altitude de 710 mètres !

Issiakhem, bien que le monument fasse partie de l’héritage colonial, a du respect pour l’artiste Landowski : il mobilise donc ses collaborateurs (Kerbouche Ali, Bourdine Moussa, Oulhaci Mohamed, Nadjar Mohamed, Bouarour Said, Ould Aïssa Ali, Filali Mustapha, Tadjer Mustapha, Bendaoud Youcef, Chaïb Salah, Ziraoui  El Hadi, Ould Aïssa Raouf), pour enfermer le Pavois dans un sarcophage en béton et éviter ainsi sa destruction.

Cette année 2012, la wilaya d’Alger, alertée par la presse (notamment El Watan), sur l’effritement du haut du sarcophage, a commencé les travaux de restauration du bloc de béton. Travaux qui ont laissé apparaître quelques détails de la statue dissimulée par Issiakhem et ses collaborateurs.

Les fragments visibles aujourd’hui durant la restauration

Un commentaire sur “Patrimoine : le Pavois d’Alger se dévoile

  1. zahir16
    octobre 25, 2012

    Quoi faire d’un tel monument. il est difficile de donner à un monument une destination autre que celle qui lui a été donné à l’origine. Suggestions ;Ne peut_on en faire celui des africains que l’empire coloniale a sacrifié. Ou bien , de le débiter et de le déplacer. On a bien déplacé les statues d’Abou symbel en Egypte

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Cette entrée a été publiée le octobre 25, 2012 par dans Culture, En images.
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