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le laboratoire médias

Une semaine au FIBDA (2): Rencontre avec Ahmed Haroun


Depuis ses premiers croquis de combattants de la guerre de libération nationale à l’édition d’un recueil de ses œuvres «La bonne destinée» ainsi que «Les nouvelles aventures de M’quidech Boulahmoum», Ahmed Haroun et caricaturiste a toujours figé des instantanées de la vie quotidienne algérienne et de ses plus grands bouleversements politiques avec finesse, humour et talent. Retour sur plus de 40 ans de carrière…

Nesrine Sellal

Ahmed Haroun doit sa carrière de dessinateur professionnel à son enseignant de primaire. Alors qu’il a six ans, il est fasciné par Monsieur Le Gall, qui chaque jour choisit un élève de sa classe et fait son portrait. « J’ai commencé à dessiner par n’importe quel moyen. D’ailleurs, j’ai reçu beaucoup de fessées car je dessinais au charbon sur le parquet », raconte-t-il.
A l’aube de la guerre de libération nationale, il dessine des moudjahidines au combat et cache soigneusement ses petits croquis. « Un  jour, je rentre à la maison et je trouve des maquisards et un certain Mokrane, tombé au champ d’honneur quelques jours plus tard, qui aimaient le dessin m’a proposé d’aller étudier en Tunisie. ». Mais le jeune homme de 13 ans préfère rester près de sa famille.


Dès 16 ans, il commence à vendre quelques petites toiles. Un jour, il croque un coureur cycliste espagnol pour un voisin : « Sa mère m’a appelé et suggéré de m’inscrire au beaux-arts (…) Je m’y rends quelques jours plus tard » explique-t-il. Un planton lui annonce qu’il est en retard pour les inscriptions. Mais impressionné par le talent du jeune homme, il finit par le présenter au directeur. L’avenir de l’adolescent est scellé.


Aux beaux arts, où il fait ses preuves, tout est permis sauf la Bande dessinée, assez déprecié à l’époque dans l’univers des arts. Un jour, le professeur remarque ses croquis et le vilipende. Ça ne l’empêchera pas de continuer ses petits dessins qui feront de lui dessinateur de presse et bédéiste tant affectionné par les algériens. Cependant, il n’abandonnera jamais les arts graphiques.

C’est en 1967 que le personnage M’quidech voit le jour dans les pages de la revue éponyme.  La revue a cessé de paraitre quelques temps plus tard mais le personnage qui « dort pendant 40 ans dans les tiroirs », réapparait sur le papier glacé de la revue El Bendir depuis quelques années, puis une nouvelle édition de ses aventures est publiée aux éditions Dalimen.

En 1999, il édite à compte d’auteur une bande dessinée ambitieuse, qui ne rencontrera jamais son public, faute d’impression de qualité. Sa réédition, dans sa version originale par les  éditions  Dalimen dans le recueil La bonne destinée révèle la justesse du trait et la beauté des couleurs, entièrement réalisés  à l’aquarelle. « On demande juste qu’on respecte nos couleurs, parce que tout est étudié », précise le bédéiste et artiste plasticien.

Dans les années 2000, il s’exerce au dessin de presse en directe à la télévision algérienne et marquera l’esprit de toute une génération.


Dawahir, publié dans les colonnes du quotidien Echaab, était pendant les années 80 le rendez-vous quotidien des algériens amateurs de caricature, qui se reconnaissaient dans ces petits instantanés de la vie sociale algérienne avec ses travers et ses situations cocasses. Encore aujourd’hui, aucun algérien ne pourrait être indifférent à ces fragments de vie quotidienne que le dessinateur s’amusait à croquer « Je faisais un tour à souk el fellah, je rentre au bureau et je faisais un petit dessin, par exemple… », se rappelle-t-il. Ici l’image se suffit à elle-même et aucune bulle, ni légende n’est utile.
Avec l’ouverture du champ médiatique, apparait le premier journal satirique algérien : El Menchar. Ahmed Haroun signe  la Une de la revue inspirée du radeau de la méduse.

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Cette entrée a été publiée le octobre 10, 2012 par dans Culture, En images, et est taguée , , , , .
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