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Cinéma: Ce que le jour doit à la nuit d’Alexandre Arcady

Le film Ce que le jour doit à la nuit du réalisateur Alexandre Arcady,adapté du roman de l’auteur algérien Yasmina Khadra, est projeté ce vendredi soir en avant-première à la salle El Mougar d’Alger. El Watan Week-End a vu le film lors d’une projection en France, voici notre critique.
Lundi 3 septembre 2012. Il y avait du beau monde au Gaumont Champs Elysées. Il y en aura tout autant, et certainement, aujourd’hui, vendredi 7 septembre sur Alger. Deux villes, un public identique (des Politiques, acteurs et autres invités bienheureux et sans doute quelques journalistes), et le nouveau film d’Alexandre Arcady, adaptation d’un roman à succès de l’écrivain algérien, Yasmina Khadra. 

Ce que le jour doit à la nuit, énième retour sur l’Algérie française, avant le 1er novembre 1954, bruit et fureurs de multiples clans pour (re)définir la liberté, et pivot narratif d’un film qui se veut lyrique sans être misérabiliste, juste sans être conciliant, et cinématographique sans être auteuriste (donc personnel). Toujours cette histoire de visages juvéniles, amoureux transis, regards parfois durs et verbiage lâché sans concession. Voir ce film, c’est se remémorer Le Coup du Sirocco ou bien Le Grand Carnaval, c’est flirter de nouveau avec les eighties où l’Algérie de Chadli (Troisième président algérien, ndlr) n’intéressait aucun cinéaste étranger, donc « obligé » de se retourner vers le Passé, moins pour comprendre l’état des lieux, que pour revivre un souvenir le temps d’une bobine. Œuvres désuètes, amusantes, accent qui nous rappelle certaines choses et surtout une communauté montrée sans artefact car liée au propre quotidien d’Arcady. Pourquoi le blâmer ? Pagnol en fit autant, mais avec tact et surtout sans s’apitoyer sur le premier degré qui bloque les niveaux de l’Histoire et donc de lecture. Et là, cela devient embêtant.

Nostalgie et fantasme
Ce que le jour doit à la nuit ressemblerait à un bonbon dont on connaitrait déjà sa saveur, donc une aspirine qui fait passer temporairement le mal de crâne. Dieu sait que depuis cinquante années, la migraine est devenue un sacerdoce chez le peuple fennec et le cinéma a toujours été utilisé comme un aspirateur idéologique pour cerner cette période de « guerre sans nom ». On capte la poussière, elle rentre dans la machine mais rare sont les moments où le cinéaste daigne vouloir vider cette machine. Toujours ce grain nostalgique conservé quelque part et discrètement dans un coin du plan. Parce que « l’avenir est derrière eux et que le passé sera devant » (phrase lancée par le personnage principal), qu’Arcady sera toujours ce cinéaste de l’entre-deux, incapable d’assumer un désir, et préférant ne filmer que des fantasmes.

Souvenez-vous de Là-bas mon pays, ingénieuse proposition sur un territoire inconnu (l’Algérie contemporaine), et qui dégageait un corps impatient qui finissait par tomber, tel l’Icare incapable de « voir » son présent, trop affairé à jongler entre celui qui ne veut pas oublier et celui qui tente de s’adapter au changement. Triste double-face pour un cinéaste qui n’en finit plus d’étaler sa transparence par le prisme de mots joliment troussés, oubliant le cinéma dans tout ça ! Affaire de littérature et de théâtre, pas l’ombre d’un plan qui viendrait donner du liant à un récit qui méritait envolée, claque et autre lyrisme désordonné. Ce que le jour doit à la nuit patine de ces absences, ancré dans un genre où tout est filmé sans esprit.
Godard aimait à dire que le spectateur levait la tête au Cinéma et la baissait face à la télévision. Arcady, à aucun moment, ne réussit à faire lever les esprits. Regrettable !

Samir Ardjoum

4 commentaires sur “Cinéma: Ce que le jour doit à la nuit d’Alexandre Arcady

  1. Farida Harche
    septembre 8, 2012

    sublime roman de yasmina khadra.une parenthèse de la guerre d’algérie avec en toile de fond une histoire d’amour entre un jeune algérien et une jeune pied noir

  2. zahir16
    septembre 8, 2012

    « Ce que le jour doit à la nuit » de ARCADY d’après le roman de Yasmina Khadra projeté en avant première a Alger le 07/09 en présence du réalisateur et des actrices et acteurs et de Yasmina Khadra. Un « coupé collé » agréable de la filmographie du réalisateur qui a mêlé des scènes du « grand pardon, de la vérité si je mens, des cinq doigts » avec,en incidente les moments forts du roman et un final réconciliateur larmoyant.

    Qui se réconcilie avec qui Mr Arcady !

    L’histoire est passée par là et de deux choses l’une; ou vous avez comme objectif un souci de vérité et alors c’est raté ou vous vouliez faire un divertissement alors pourquoi l’Algérie? le roman de Yasmina Khadra ne sort pas grandi dans cette affaire lui qui a parlé de son roman comme une histoire d’un amour qui pouvait se passer dans n’importe quel pays.

    Le roman vous a servi de moyen pour faire passer la réconciliation entre cinq garçons qui au fond ne sot pas bien méchants !
    L’Algérie appartient non à une équipe de mauvais garçons à qui on pardonne leur rébellion, mais à tout un peuple qui n’a fait que qui a recouvert sa souveraineté après 130 ans de spoliation coloniale. Ces « Cinq garçons dans le vent » insouciant ne sont pas crédibles.

    Au fond ,ce ne sont pas des souvenirs , mais une vision de l’ALGERIE QUI N’EXISTE PAS si ce n’est dans l’imaginaire de certains nostalgiques de leur enfance ou adolescence . Allons messieurs cessez de chercher a retourner sur votre jeunesse et à réclamer une réconciliation.

    Que ceux qui sont venus avec leurs canons et leur armée un certain 5juillet 1830 agressant un état souverain pour s’emparer de ces richesses et en l’occurrence de ses terres. Je n’en veux pour preuve l’activité législative entre 1830 et 1850 donnant ainsi la volonté d’asservir un peuple De 1830 à 1850 prés de 115.000ha ont été colonisées. En 1870 la surface du foncier a atteint 765.000ha , en 1890 elle est de 1245000 pour atteindre en 1930 2.344.000ha et en 1950 2720000ha

    Tout ceci s’est accompagné de brutalités d’enfumage des grottes dont le but était de chasser » l’arabe de ses terres »comme le disait Bugeaud et ces opérations ont lourdement coûtées au peuple algérien qui a perdu prés de 10% de sa population que les historiens traitent de catastrophe démographique. La réconciliation suppose que chacun formule des excuses pour son activités. Faudrait-il que la réconciliation entre la france et l’Allemagne entérine les rafles et les exécutions de résistants contre le nazisme.

    C’est « un grand pardon » à la mémoire des martyrs de la lutte anticoloniale.qui dura 130 années qui devrait être demandé par ceux qui ont succédés à ces martyres

  3. Kbir Nabni
    septembre 9, 2012

    J ai vu le film comme vous Mr Zahir, au dela de cette histoire d’un amour incroyable et impossible, le film est un grand moment d’émotions poignant et déchirant pas par cette histoire entre younes et emilie mais entre la France et l’Algerie.

    Si vous pensez qu ‘un film ne peut pas regler ou à aider à réconcilier deux peuples, moi par contre si. pour une raison simple.

    Lorsque le film sera sur les ecrans ces millions de telespectateurs vont chercher à comprendre il y’aura des débats autour de la guerre d’algérie et à ce moment la chacun assumera son histoire.

    Est ce que c’est le moment de le faire (réconciliation) ?

    pour ma part , j’ai vraiment du mal à pardonner la blessure est si profond, mais je fais des efforts une sorte de thérapie et pourtant j ‘ai pas vécu la guerre mais je l’a voit tous les jours sur le visage de mon père et de ma mère.

    • zahir16
      octobre 6, 2012

      Mon propos n’est pas d’être contre une réconciliation mais de ne pas attendre du traitement de l’histoire par une fiction filmée autre chose qu’un divertissement. Sacha Guitry disait que l’Histoire pouvait être violée à condition de lui faire de beaux enfants. En l’occurrence je ne vois aucun bel enfant
      Mais pourquoi parler à chaque fois d’un couple séparé dés qu’il s’agit de l’Algérie? je suis de ceux qui pensent qu’en 1830 il ya eu une occupation d’un état souverain et que cet ETAT A RECOUVRE sa souveraineté en 1962. Point barre. Les Jean Moulins algériens ont conscience d’avoir contribuer à cette oeuvre ils n’ont rien à pardonner ni à réconcilier.;

      Les accords d’évian peuvent être considérés comme un acte de bonne volonté de leur part mais hélas 3 fois hélas! seul un petit nombre de PIEDs NOIRs a acceptés. Depuis l’algérie est passé de 10 millions à 31 millions de citoyens qui ont d’autres préoccupations (logements, emploi et pouvoir d’achat et pouvoir tout court) et de telles niaiseries ne comptent pas pour eux.puisque ils ont gagné l’essentiel J’ai essayé de placer dans une perspective centenaire le passé des luttes des algériens pour dire à ceux qui prônent la réconciliation que l’algérie ne peut le faire sans remettre en cause.son Meta logiciel celui qui cré des logiciels

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Cette entrée a été publiée le septembre 7, 2012 par dans Actu, Cinéma, et est taguée , , , , , .
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