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Hocine Belalloufi : « La liberté politique, oui, mais pas dans la soumission et la misère »


Démocratie, prolétariat, bourgeoisie et grand capital. Hocine Belalloufi, ancien rédacteur en chef du journal Alger-Républicain, décrypte en 500 pages 50 ans d’indépendance de l’Algérie avec un parti pris politique assumé.

Vous affirmez dans votre ouvrage « Réforme et démocratie » que les réformes socialistes de Houari Boumediene ont en réalité permis de renforcer la bourgeoisie privée industrielle…

Je ne qualifie pas les réformes de Houari Boumediene de socialistes. J’explique qu’il est au contraire l’architecte du développement du capitalisme d’Etat en Algérie. Le coup d’Etat du 19 juin 1965 intervient justement pour porter un coup d’arrêt au mouvement qui, à l’extérieur du régime (mouvement autogestionnaire, UGTA, UNEA historique…) mais aussi à l’intérieur de celui-ci (courant de gauche du FLN renforcé par la fusion de ce parti avec le Parti communiste algérien), prônait une orientation réellement socialiste.

L’option du capitalisme d’Etat n’exclut pas le développement d’une bourgeoisie privée mais vise à le contrôler et à le subordonner à celui de la bourgeoisie d’Etat. Le régime de Boumediene commence par adopter un code des investissements (celui de 1966) qui garantit la sécurité des investissements, ce qui légitime par là-même la propriété privée. Le nombre d’entreprises privées passera de 3 000 en 1969-1970 à 13 000 en 1980. Le chiffre reste modeste, mais la tendance à la hausse est nette.
La bourgeoisie privée va également se renforcer par l’enrichissement de membres de la bourgeoisie d’Etat (directeurs et cadres de sociétés nationales, hauts-gradés de l’Etat et membres de la bureaucratie politique et administrative) et leur passage ultérieur, social ou, à tout le moins politique, dans les rangs de la bourgeoisie privée. Cette fraction de classe s’est donc développée à l’époque tout en restant en situation de subordination par rapport à une bourgeoisie d’Etat hégémonique sur le bloc social dominant (alliance des classes au pouvoir : bourgeoisie et gros propriétaires fonciers).

Le capital privé va en outre profiter des réformes économiques mises en place dans les années 70…
On peut affirmer que le capital privé va globalement profiter de la politique du pouvoir en investissant dans des secteurs et segments délaissés par le pouvoir qui axera son projet de développement national sur la promotion d’une grande industrie. Ce capital privé sera ainsi protégé de la concurrence du privé étranger et bénéficiera de marchés étatiques. Tout ne fut certainement pas rose pour ce capital privé, mais présenter cette période sous les traits d’une chasse au capital privé ne correspond pas à la vérité.

Vous écrivez que c’est l’ANP qui a contribué à la formation de l’élite bourgeoise et petite bourgeoise en Algérie. Comment l’expliquez-vous ?
La haute-hiérarchie militaire a fourni des capitalistes privés. De 1968 à 1971, de nombreux officiers supérieurs de l’ANP ainsi que de nombreux hauts-fonctionnaires du FLN et de l’Etat furent mis à la retraite en empochant de très substantielles subventions. Nombre d’entre eux constituèrent de moyennes et grandes unités industrielles dans les secteurs du textile, des plastiques et cosmétiques, du BTP…
Beaucoup de notables des grandes villes avaient déjà marié leurs filles avec des officiers de l’armée des frontières au lendemain de l’indépendance et dans les années qui suivirent. La mise à la retraite d’officiers renvoie à la gestion boumedieniste des opposants déclarés ou potentiels. Leur subvention revenait à les neutraliser puisqu’ils se tournaient vers les affaires au lieu de faire de la politique. Mais cela ne concernait qu’une minorité. Le second phénomène consistait à contrôler la formation d’une bourgeoisie privée dotée d’une conscience nationale. N’oublions pas que le projet de Boumediene était de constituer une véritable bourgeoisie nationale et non une bourgeoisie compradore, simple relais d’intérêts étrangers.

 

La crise entre les classes et fractions de classes dominantes seraient d’après-vous, la raison de la crise actuelle. Pour quelles raisons ?
Dans le système capitaliste, la domination politique est l’œuvre de plusieurs classes sociales alliées dans un bloc social dominant pour reproduire dans les meilleures conditions qui soient les systèmes d’exploitation. Mais cette alliance, comme toute alliance, est conflictuelle. Pour que ce conflit ne dégénère pas en crise politique, il convient que l’une de ces classes ou fractions de classes dirige ce bloc social dominant. C’est la fraction la plus forte qui assume généralement cette fonction avec le consentement de ses alliés. On dit qu’elle exerce l’hégémonie (force et consentement) sur le bloc social dominant. La crise algérienne est une crise d’hégémonie car la crise du capitalisme d’Etat a entrainé une contestation du rôle hégémonique de la bourgeoisie d’Etat par ses alliés privés et gros propriétaires fonciers. Cette crise d’hégémonie va se traduire par une crise du régime politique.

Pourquoi ce conflit de classes provoque-t-il, selon vous, une crise du régime et l’empêche-t-il de se démocratiser ?
Les luttes politiques ne relèvent pas fondamentalement du choc d’ambitions personnelles ou des choix purement subjectifs des hommes politiques. Elles sont en dernière instance l’expression d’intérêts sociaux différents voire antagoniques. Ces luttes visent à prendre ou à conserver le pouvoir afin de mener des politiques économiques précises, particulièrement favorables aux intérêts d’une classe ou fraction de classe. Les régimes politiques – démocratie représentative ou différentes formes de dictatures (militaire, policière, fasciste…) – sont justement l’expression d’alliances nouées, à un moment donné et dans des conditions particulières, entre différentes classes et fractions de classes dominantes. Ils sont également le reflet du rapport de forces entre ces classes dominantes et les classes dominées. La crise d’hégémonie a un triple caractère. Le premier, qui lui donne sa particularité, est d’entrainer une lutte politique intense entre les classes dominantes elles-mêmes. Au cours des trente premières années de l’indépendance, cette lutte opposera essentiellement, au sein du régime, l’aile bureaucratique qui défend les intérêts de la bourgeoisie d’Etat à l’aile libérale qui représente les intérêts de la bourgeoisie privée et qui s’affirme de plus en plus au fil des ans. Le second réside dans une offensive contre les classes exploitées et dominées : remise en cause du projet de développement national et des acquis sociaux à compter du début des années 1980, mise au pas de l’UGTA… Le troisième se traduit par une autonomisation politique de la petite bourgeoisie qui devient un acteur politique qui poursuit ses propres objectifs. En Algérie, l’islamisme sera cet acteur.
La victoire de l’aile libérale et le démantèlement systématique du secteur d’Etat vont saper les bases mêmes de l’existence d’une bourgeoisie d’Etat. Mais la faiblesse sociale et politique de la bourgeoisie privée va l’empêcher d’asseoir durablement son hégémonie sur le bloc social dominant au sein duquel une nouvelle contradiction entre bourgeoisie compradore et bourgeoisie intérieure va se substituer à l’ancienne entre bourgeoisie d’Etat et bourgeoisie privée. La politique libérale va surtout briser le consensus social relatif qui existait du temps du projet de développement national. Or, et contrairement à ce qu’affirment de façon purement théorique et péremptoire les idéologues néolibéraux, il est impossible de démocratiser au moment où l’on brise le consensus social. Démocratie ne rime pas avec libéralisme. Il suffit d’observer comment la démocratie est attaquée par les pouvoirs néolibéraux en Europe et au Québec.

Vous dénoncez le tournant ultralibéral imposé par le Président Bouteflika. Quelles sont les risques d’une telle politique ?
La politique ultralibérale d’Abdelaziz Bouteflika s’inscrit dans la continuité de la politique d’infitah (libéralisation ou passage à l’économie de marché) entamée depuis 1980. Elle en constitue le prolongement ainsi qu’une accélération. Les conséquences palpables, et non pas simplement les risques, d’une telle politique sont la désindustrialisation et la promotion d’une économie de bazar. La part de l’industrie dans la production intérieure brute est passée de plus de 25% au début des années 1980 à 5% aujourd’hui. L’Algérie importe l’essentiel de ce qu’elle consomme, de l’utile au superflu. Les immenses revenus pétroliers retournent directement dans les caisses des multinationales et des banques étrangères. L’explosion des importations automobiles illustre cette tendance. Des joyaux de l’Algérie indépendante, comme ceux d’El Hadjar et de ses mines, d’Asmidal, de Sidal… ont été bradés à des multinationales qui pillent les richesses du pays et le contraignent à importer ce qu’il produisait autrefois. Les hydrocarbures ont failli être bradés. Des fleurons, comme Simas, ont été dissous…
Enfin la société algérienne connait un processus de polarisation de classes sans précédent entre une minorité de nouveaux riches et une majorité qui peine à survivre : chômage massif, en particulier chez les jeunes, précarisation de l’emploi, inflation galopante qui rogne le pouvoir d’achat de ceux qui ont la chance d’en avoir un… Enfin, la politique d’alignement de plus en plus évident sur les grandes puissances impérialistes (coopération avec l’OTAN dont on connaît le passé et le présent criminels, intégration à l’UPM sarkozyste avec Moubarak, Ben Ali et surtout Israël, acceptation du rôle peu glorieux de garde-frontière de la forteresse Europe…) réduit l’espace vital de notre pays sans nous immuniser pour autant contre les dessins déstabilisateurs voire interventionnistes de l’impérialisme.

Vous affirmez que « les conditions, en particulier subjectives, ne sont pas encore réunies pour un changement de régime». A quelles conditions subjectives vous faites allusion?
Je fais référence au mouvement populaire et à l’opposition politique. Le mouvement populaire est encore faible en Algérie. Les masses luttent (grèves dans les entreprises privées et publiques, révoltes dans les villages et quartiers des villes), mais ces luttes restent locales, atomisées, souvent spontanées. Il s’agit davantage de réactions que d’actions qui sont généralement inorganisées ou mal organisées… Des luttes pour le logement touchent toutes les régions, villes et villages du pays mais ne convergent pas alors même qu’elles ont un seul et même vis-à-vis : l’Etat. Les chômeurs ne parviennent pas à se doter d’une organisation nationale. La solidarité au sein des couches populaires reste faible et l’organisation permanente n’existe que parmi les travailleurs salariés. Il n’y a pas de comités de quartiers vraiment autonomes disposant de plate-forme de revendications et s’organisant pour les faire aboutir… Cette situation ne peut déboucher que sur le désespoir, la fuite (harraguas), la délinquance et des conflits parfois sanglants entre bandes rivales qui ont pourtant fondamentalement les mêmes intérêts et le même ennemi : la politique néolibérale.
L’opposition de son côté, toutes tendances confondues, ne présente pas d’alternative crédible aux yeux du peuple. Elle est en situation de panne stratégique. Elle sait où elle veut aller : démocratie, république islamique, socialisme… Mais elle n’est pas arrivée jusqu’ici à définir une stratégie, c’est-à-dire à expliquer comment et dans quelle voie s’engager pour atteindre son but. Cela l’amène à passer alternativement d’une phase de longue dépression où elle est inactive à de courtes périodes d’activisme – essentiellement lors des périodes électorales – qui ne débouchent pas sur une transformation substantielle du rapport de forces face au pouvoir.
Une grande partie de cette opposition se trouve par ailleurs en déphasage par rapport à l’évolution de la société algérienne dont les contours de classes sont désormais plus prononcés à la suite du passage à l’économie de marché. D’où l’apparition, à côté de cette opposition formelle, d’une opposition organique non structurée. L’une libérale compradore autour de certains petites partis, de journaux privés, d’associations patronales, de boites de communication, de maisons d’édition, d’écoles managériales formant des cadres techniques mais aussi des politiques et des idéologues d’un futur parti formel de cette fraction de classe. L’autre populaire et nationale autour des syndicats autonomes, de certains partis, de journaux, d’associations qui expriment les intérêts des couches populaires. Une recomposition politique en profondeur est à l’œuvre.

En évoquant le changement dans la région arabe, vous invoquez la «prudence» du peuple algérien. Comment expliquez-vous cette « prudence » ?

A l’encontre des commentaires méprisants de certains observateurs qui qualifient les Algériens de « tubes digestifs » luttant uniquement pour des augmentations de salaires et non pour la liberté et la dignité, il convient de relever que ce peuple, dans sa majorité, a fait preuve d’un sens politique évident. Les couches défavorisées de ce peuple luttent quotidiennement dans les entreprises, les quartiers des villes et les villages pour tenter de rattraper la perte de leurs acquis sociaux consécutive à la contre-révolution libérale des trente dernières années : 2 000 entreprises dissoutes, plus de 500 000 licenciés, chômage massif, perte du pouvoir d’achat… Ces catégories populaires ne soutiennent pas le pouvoir comme l’ont démontré l’abstention aux dernières élections et le faible score des partis du pouvoir (FLN, RND et MSP). Mais elles ne sont pas prêtes à descendre dans la rue pour y défier le pouvoir, édifier des barricades et prendre le risque de mourir alors qu’il n’existe pas de projet politique alternatif crédible dans lequel elles puissent, à tort ou à raison, se reconnaître. Elles seraient sans doute prêtes à se mobiliser et à se battre sur des objectifs intermédiaires et réalistes de défense des libertés démocratiques, mais descendre dans la rue pour crier « pouvoir dégage ! » n’est pas d’actualité. Les exemples libyen et syrien jouent un rôle de repoussoir. Que gagnerait le peuple à la destruction de son pays ou à une intervention militaire de l’OTAN ? La liberté ? Rien n’est moins certain. Le peuple algérien doit donc compter sur ses propres forces pour construire une alternative démocratique sérieuse et solide c’est-à-dire qui soit en même temps nationale (anti-impérialiste) et sociale (antilibérale). La liberté politique, oui, mais dans la souveraineté nationale et dans la justice sociale, pas dans la soumission et dans la misère. Il faut rejeter à la fois le statu quo et l’aventurisme.

Propos recueillis par Salim Mesbah.
Bio Express
Hocine Belalloufi est journaliste et écrivain. Il travaille depuis près de vingt ans au sein de la presse nationale et collabore actuellement à l’hebdomadaire en ligne La Nation. Il est par ailleurs l’auteur de deux essais. Le premier, paru à Alger en 2008 aux éditions Lazhari Labter, s’intitule Le Grand Moyen-Orient, Guerres ou paix, Plaidoyer pour une nouvelle révolution arabe. Cet ouvrage a été traduit en arabe et publié également en 2008 à Beyrouth par Dar El Farabi. Le second essai coédité par les éditions APIC et Lazhari Labter est paru à Alger au mois de mai dernier. Il s’intitule La démocratie en Algérie, Réforme ou révolution. Sur la crise algérienne et les moyens d’en sortir.

7 commentaires sur “Hocine Belalloufi : « La liberté politique, oui, mais pas dans la soumission et la misère »

  1. Benbouali
    août 24, 2012

    M. Bellaloufi nous propose une analyse dialectique de l’évolution de la situation politique, économique et sociale algérienne, qu’il dissèque sous le prisme de ses convictions socialo-communistes.
    Cette analyse vaudra ce que chaque lecteur du livre de M. Bellaloufi voudra en faire.
    Mon approche de la situation algérienne est plus simple.
    A cause de sa conception archaïque du pouvoir, Bouteflika, dont les dérives régionaliste et dictatoriale sont grosses de nombreux périls pour la cohésion, la stabilité, l’unité et la sécurité nationales, devient le problème n°1 de notre pays, qu’il faut résoudre d’urgence en raison notamment de sa fuite en avant suicidaire, qui a considérablement fragilisé et affaibli notre pays, sur les plans interne, régional et international, notamment depuis le début du 3ème mandat, le mandat de trop.
    La lente fin pathétique de Bouteflika ne doit pas entrainer celle de notre pays, qui poursuit encore sa convalescence des années noires du terrorisme islamiste.
    Vive l’Algérie !
    Vive la République !

    • Bounif
      août 24, 2012

      Je recommande à nos frères et soeurs lecteurs d’El Watan de lire et de méditer l’article qui fait la UNE d’El Watan d’aujourd’hui, sous le titre « Un pays à l’abandon ».

      Nous comprendrons alors tout le mal que Bouteflika et son clan de prédateurs de Tlemcen ont fait et sont en train de causer à notre pays bien-aimé, depuis 1999.

      Comme Benbouali, je crie haut et fort :

      Vive l’Algérie !

      Vive la République !

      • Ali
        août 25, 2012

        Quelle fin pathétique pour un homme qui n’a cessé de mentir au peuple algérien, qui n’est pas dupe car il l’a rejeté dès 1999 et même avant en raison des valeurs néfastes dont il est porteur et son immoralité.

  2. belhabla
    août 25, 2012

    faut il croire en la providence?ou le destin? LA COURSE AU POUVOIR et une réalité, de mémoire il y’a une répétition comme au jeu olympique qui aura le flambeau , qui aura le derniers mot, malheureusement de notre pays ont fait courir, des gens qui ne savent pas marcher ou mal préparer a assummer les taches de responsabilites, la fracture sociale due au neoliberalisme est toujours la, cette fragilisation a causer le fausser entre les differrentes couches sociales aggravant ainsi l avenir, il nya pas de democratie dans le nombre, la qualite et dans la revolution.on personnalise le probleme, alors que les algeriens attendent un projet de societe qui n ‘exlue personne et soit un moteur de devellopement tout azimut pour tous.

  3. zahir16
    août 25, 2012

    Bientôt nous aurons atteint la hauteur du monument des martyrs à ryadh elfath avec tous les livres publiés sur la démocratie en algérie et son système politique.C’est un bon point pour la démocratie.

    1 ) j’apporterais ma contribution en notant que la plupart des écrits traitent de cette question comme une fait de l’esprit et c’est de l’évolution de la conscience de cet esprit que découle la démocratie.

    2) Que fait on de l’étape bourgeoise de l’évolution humaine accaparée par le capital et a entrainé la séparation du travail des masses aprés un processus millénaire qui dérive des nécessités de la production.

    3) »la premiére grande division du travail -la séparation de la ville et de la campagne- a déjà condamné la population rurale…et les citadins à l’asservissement au métier individuel.Elle a anéanti les bases du développement intellectuel des premiers et du développement physique des seconds..

    4) En divisant le travail c’est l’homme que l’on divise, toutes les autres potrentialités intellectuelles et physiques étant sacrifiées au perfectionnement d’une activité unique….

    5) A coté du plus grand nombre exclusivement voué à la corvée du travaill,il se forme une classe libérée du travail productif qui se charge des affaires communes de la société.

    Contradiction entre la richesse qui ne travaille pas et la pauvreté qui travaille*pour vivre fait naitre une contradiction entre le savoir et le travail. Une société dont la condition est de produire à un pôle la richesse et de l’autre la misère produit d’un coté la civilisation et de l’autre l’inculture Voila en quelques mots les défis à relever pour une démocratie qui n’épouse pas les diktats du capital

  4. Dr. Cherif Ghalizani Michigan University
    août 26, 2012

    Democratie ne signifie pas obligatoirement Justice sociale…Les Indes la plus grande democratie au monde…70% de la population dans la misere….les pays d amerique centrale et du sud….democratie et misere

  5. zahir16
    septembre 1, 2012

    Que dire des politique économiques fondées sur la demande et surfant entre chômage et inflation jusqu’au jour où fut inventé la stagflation ou comme le dit avec esprit un économiste non anglo saxon le moteur qui chauffe à l’arrêt !

    La réponse est dans le néo libéralisme qui se présente alors sous forme de véritables mots d’ordre : la lutte contre l’inflation et non contre le chômage. L’inflation est un problème monétaire. Le marché est le garant des équilibres. Tous les facteurs de rigidité doivent être éliminés pour rétablir la flexibilité des prix sur les différents marchés. Les deux principaux facteurs de rigidité étant l’Etat et le travail. La mondialisation sera la chance donnée aux meilleurs.

    Désormais les pays sont en lutte chez eux ,entre eux et contre le monde.
    Comme tout système économique est tiré par un modèle dominant celui vers lequel doit tendre la mondialisation sans pouvoir le remplacer est connu.

    Le modèle étant celui des Etats Unis, démocratie libéralisme économique, dérégulation, technologie des communications biotechnologie, une monnaie acceptée partout car elle est la contrepartie d’un fort courant d’importation, fort taux de croissance, une productivité permettant la maîtrise de l’inflation, un faible taux de chômage.

    Mais aussi des millions de personnes travaillant et vivant en dessous du seuil de pauvreté, la généralisation de l’emploi temporaire, un américain de 15 ans sur quatre est illettré, un taux de mortalité infantile le plus élevé de l’occident une population carcérale de plus de 2% de la population en âge de travailler prés de 12.000 morts par balles et par an.

    En 20 ans 1% des américains les plus riches ont augmenté de 157% leur revenus. Les 20% les plus pauvres ont perdu en 20 ans100 $. 17 % des 82 plus grandes entreprises sont totalement exonérées. Sept entreprises dont GM grâce aux techniques fiscales ont des créances sur l’Etat de plusieurs millions. Selon certaines statistiques officielles et Forbes les déductions d’impots s’élèveraient à 10 milliards de $ par an. En revanche, les contrôle fiscaux ont doublé pour les revenus inférieurs à 25.000$. ils diminuent de 25% pour ceux supérieurs à 100.000 $ an.concrétement cela veut dire une baisse de 26 % sur l’imposition du ccapital et une hausse de 13% des autres impots sur le tout venant des citoyens. L’impot sur le capital était de 27% des recettes fiscales il est tombé en 50 ans à moins de 10 %. Qui comble la différence ? c’est le deuxxiéme boulot que font tous les américains. La crise des entreprises par rapport à quoi. En faisant 73 % de bénéfices en 2000 et 73 % en moins en 2001 la GM engrange tout de même 800 millions de $ en 2001. en 1919 800 constructeurs d’automobiles en 1929 il n’étaient plus que 40. en 1950 cinq et en 1999 2.5. cela s’appelle le capitalisme.

    Le rêve américain laisse…. rêveur et porte certains à dire que lorsqu’on est un pays en développement le libéralisme et la mondialisation sont le plus court chemin pour la majorité de la population à s’appauvrir si elle ne l’est pas déjà. C’est en cela que l’économie politique en s’érigeant en science sombre alors dans l’idéologie car elle cherche à occulter les phénomènes de domination des pays riches et à réduire la coopération internationale à la protection des mécanismes de marché.

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Cette entrée a été publiée le août 24, 2012 par dans Actu, et est taguée , , , , .
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