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Soirée du 5 juillet: N’a-t-on de culture valable aux yeux de nos dirigeants?

Des lignes bien droites. Des pas bien réglés. Hier soir, les chorégraphies du Spectacle du Cinquantenaire au Stade du 5 juillet étaient impressionnantes. Plus de 10 000 enfants en colonne, ça coupe le souffle même aux plus grincheux.
Passons sur les jeunes sportifs qui ont défilé pendant une heure, derrière des pancartes, à la manière d’une cérémonie d’ouverture de Jeux Olympiques. Les parents sont fiers, les enfants contents.
Passons encore sur la chorégraphie sensée représenter les combats des Moudjahidine. Comme si dans les maquis, en 1954, on avançait entre les arbres à la manière d’un karatéka.

Uniformes militaires asiatiques
La surprise est venue plus tard, quand plusieurs centaines de jeunes habillés de blanc, casquette aux bords carrés sur la tête, ont défilé, grands drapeaux dans les mains. Si les couleurs vertes et rouges faisaient bien référence à l’Algérie, ce n’était pas le cas des mouvements. Bras tendus à l’horizontale, marche militaire jambes tendues. Déplacements en carré. On aurait pu penser à l’influence soviétique, si les casquettes ne rappelaient pas furieusement les uniformes militaires asiatiques.


Mais ce tableau étrange n’était que le début. Il y a d’abord eu les enfants de primaire, dansant en faisant tourner leurs ombrelles de satin rose et jaune. Puis ce fut le tour des gymnastes en justaucorps, des hommes en collant sur des trampolines, des pom-pom girls, et comble du mauvais goût, d’un groupe de jeunes en collant bleu brillant faisant une démonstration de step.
Dépit chez les spectateurs. Les enfants suivants sont habillés en salopette, clé à molette à bout de bras. Toujours ces mêmes mouvements, bras tendus le long du corps. On lève le droit puis le gauche. Qui cherche-t-on à représenter? La Chine? La Corée? Pas l’Algérie, c’est certain.

Diversité
Pourtant, comme il faut de la diversité, la culture algérienne fait son retour dans le spectacle. Mais là encore, c’est maladroit. Des centaines d’enfants en costume kabyle tortillant les hanches, des centaines d’autres en blanc, à l’image des Mozabites, et enfin, pour compléter, les représentants des Touaregs.
Une question s’impose alors: n’a-t-on de culture suffisamment valable aux yeux de nos dirigeants? N’existe-t-il pas de chanteur, d’auteur, de danseur, de créateurs, d’intellectuels représentant l’Algérie? Pourquoi faut-il que la diversité soit représentée par des gens habillés en costumes de 3 ou 4 régions du pays, à la manière dont le colonisateur pensait l’Algérie? Le pays n’a-t-il rien vécu pendant 50 ans?
Si le prestige est important, il ne faut pas oublier que l’Algérie, ce n’est pas un gouvernement. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui, au fil de leur vie, créent, imaginent et font leur pays. Il ne faut pas les mépriser. Ni eux, ni leur histoire, ni leur culture. Et encore moins le jour du cinquantenaire de l’indépendance.

7 commentaires sur “Soirée du 5 juillet: N’a-t-on de culture valable aux yeux de nos dirigeants?

  1. Bounif
    juillet 7, 2012

    Eh ben chers amis d’El Watan, moi, rien ne m’étonne de ce pouvoir archaïque qui a fait reculer notre pays de 50 ans en matière de droits de l’homme et de liberté d’expression même si la presse privée résiste encore.
    D’ailleurs le pouvoir l’utilise comme faire valoir en la donnant en exemple aux ONG étrangères qui le critiquent.
    Le pouvoir rend fou des êtres faibles et souffrant de nombreux tares et complexes.
    Récemment un étranger qui vit dans notre pays m’a dit ceci, qui m’a sidéré :
    « L’Algérie est les seul pays au monde où le peuple change mais pas le pouvoir ».
    Vous comprenez maintenant pourquoi ils ont fait ce carnaval. Ils auraient pu faire pire, cela était possible.

  2. Benyoucef
    juillet 7, 2012

    Contrairement à ce que Bouteflika, qui vit visiblement sur une autre planète, pense, la crise n’est pas derrière lui mais bien devant lui et elle avance à grands pas, sous des formes diverses, en attendant le tsunami social qui va les emporter lui et son clan de prédateurs cupides et obstinés, dont les abus, méfaits et forfaits se sont multipliés ces dernières années en raison de leur fin de règne pathétique, que des signes forts annoncent.

    Lors de l’opérette du Libanais Caracalla, les Algériens et les Algériennes ont vu un président pitoyable, comme un clown tragique, qui n’a plus rien à voir avec eux et leur dure réalité quotidienne.

    L’acharnement de Bouteflika et de son clan à vouloir présenter aux étrangers un bilan positif de leur action à la tête du pays depuis 1999, en achetant notamment à coup de centaines de milliers d’euros et de dollars, des suppléments dans certains grands journaux arabes, européens et américains, montre le désarroi dans lequel ils se trouvent actuellement à cause de leur échec que Bouteflika a pourtant lui même reconnu, à maintes reprises.

    Ils n’ont pas le droit de dilapider l’argent amassé grâce à l’exploitation intensive de nos hydrocarbures, dont les prix se sont considérablement renchéris ces dernières années et qui constituent le principal produit d’exportation de notre pays, plus de 98%.

    Le peuple algérien doit mettre fin à cette fuite en avant suicidaire, qui ne profite qu’aux pays qui convoitent l’immense territoire de notre pays et son riche sous sol.

    Vive l’Algérie !
    Vive la République !

  3. Alilou
    juillet 7, 2012

    Benyoucef, personnellement, je considère que c’est un signe de mauvaise augure pour Bouteflika le maudit que le jour même du 50ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, des centaines de jeunes avaient manifesté pour exprimer leur mal être et leur ras le bol et ont été violemment réprimés par les forces de la Police anti-émeutes, sans tenir compte de la particularité de la journée du 5 juillet.

    La dérive dictatoriale et régionaliste de Bouteflika inquiètent sérieusement les Algériens et nos partenaires étrangers qui l’assimilent à une panique au sein du clan présidentiel, de plus en plus isolé sur les plans interne, régional et international.

    Tous les ingrédients sont réunis pour que la situation puisse dégénérer à tout moment et échapper au contrôle du gouvernement algérien.

    Le fou de Bouteflika est en train de nous mener droit dans le gouffre.

    Rabi yestour bledna oua ouledna.

  4. Benbouali
    juillet 7, 2012

    Cette fête avait quelques chose de triste. Elle résonnait comme une fin de quelques chose.
    Celle de la génération des tab djenane houm, qui sont, à l’image de Bouteflika qui s’accroche pathétiquement au koursi usurpé en 1999, en train de rater leur sortie de la scène politique nationale.
    Vivement la fin du cauchemarrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrre !

  5. mouraddz
    juillet 7, 2012

    Au- delà de la problématique de la culture en Algérie,et sans intention de polémique de ma part.Non,aucune!.Ai-je tant aimé soulever cette question si cruciale pour nous autres Algériens.OUI,Est-il pourtant si nécessaire d’être cultivé pour gouverner un pays comme L’Algérie Aujourd’hui?. Les Américains n’ont jamais autant que nous réclamé à leurs dirigeants d’être érudits,charismatiques,comptéciels et inspirés avant et aprés leur quatre juillet; même si la plupart d’entre eux l’étaient. Ce qui n’est toujours pas le cas chez nous,vous en conviendrez à l’after and before day.C’est à dire, à un jour prés de notre independance d day .Et de quelle culture parle-t-on En Algérie?, la connaissance de l’histoire et de la géographie, des références généralistes et superficielles sont restées des marqueurs plus puissants qu’ailleurs. Il est rare que l’on interroge un gouvernant sur sa maîtrise des langues étrangères, son savoir scientifique,techniciste et compétencielle, son expérience au-delà des frontières de la 3ème R.I, alors que la géostratégie, la mondialisation, les défis écologiques, la crise économique mondiale et tant d’autres sujets cruciaux devraient l’exiger.
    Mais la littérature ! L’histoire et les généralités des artifices ! ne pas en être imprégné, pour un gouvernant Algérien, c’est un peu comme Constantine sans ses ponts.Faut-il y voir seulement un penchant de ma part pour les gouvernants lettrés aux compétences, lorsque les élites politiques se confondent avec les élites intellectuelles,compétencielles et littéraires ? .Sans doute, mais j’y vois aussi la conviction très novembriste que nous avons une vocation universaliste à parler de culture,de notre culture Algérienne aux autres civilisations. Et ce, a travers les valeurs du 1er novembre 1954 portées par les arts,les lettres,les cultures, et par des chorégraphies…pas forcément libanisées;le temps d’une nuit cinquantenaire Algérianiste et novembriste à Sidi Fredj.Et ce,quand bien même fussé-je mélomane de Fairouz ,des Rahbani et de Majda Erroumi.Car nous sommes L’Algérie,c’est à dire l’un des rares pays à avoir une politique culturelle d’Etat.L’Algérie fut le pays des écrivains engagés,des artistes talentueux et inspirés Les , des professeurs, des médecins humanistes, des journalistes ou des avocats et j’en passe…au point qu’un orientaliste vienne à s’émerveiller de ce que Monsieur le président Bouteflika connaissait aussi parfaitement le Français des lettrés que l’arabe des lumières.Et autant que lui je le confirme pour l’avoir entendu à la télévision.
    C’est pourquoi suis-je d’autant plus étonné de certaines décisions et politiques aux abords mal ,trés mal inspirés et préludant des échecs.Mais, au-delà, qu’est-ce que la culture d’un dirigeant apporte au maniement des Algériens, à la direction d’un pays ou même d’une entreprise ? Tout. La culture est un instrument inégalé de compréhension psychologique d’un peuple à galvaniser pour la grandeur et la réussite d’un grand pays comme l’Algérie.Et si l’inculture historique empêche la contextualisation et la compréhension de la complexité. la connaissance rigide de l’histoire peut parfois, à l’inverse, être un carcan, comme elle le fut pour Mitterrand, héritier de la guerre froide, qui crut, lors de la tentative de renversement de Gorbatchev par les communistes, que l’effondrement du régime soviétique ne pourrait pas avoir lieu.
    Oui , la culture algérienne à l’image de l’information officielle d’un politburo dirigiste c’est un monde décisionnel de médiocrité qualitative et optionnelle qui s’effondre sur une culture-citoyenne et nationale assiégée et assommée par une brute geignarde et avinée; incapable de donner à l’algérien une seule production ou information qualitativement admise aux normes mondiales ;ou de lui proposer une option de choix programmatique. Ah! me diriez-vous,mais, qui en sont responsables?.tout simplement, CES GENS-Là! ,PARDI!.Des Gens qui ne sont en fait compétents,charismatiques et aptes à gouverner l’Algérie qu’en l’absence de contradicteurs-compétiteurs.CES GENS-Là! qui à l’image d’un Kim Il-sung auront fonctionnarisé dans l’attentatoire désormais ostentatoire: la liberté de l’information,de l’édition,de l’inspiration créative ,de la culture,des arts et des lettres.Une inspiration qui se décrète en Algérie, comment disaient-ils déjà ? Ah! oui, sous le haut parrainage ou patronage de que sais-je?et qui sais-je de tel- telle ministre ou président. Même l’analyse-critique de l’intelligentsia aura été fonctionnarisée.Aidés (Ces gens-là!),Aidés, il est vrai, par les soumis de la platitude.

  6. mouraddz
    juillet 7, 2012

    correctif
    J’ai tant aimé corriger cette erreur de frappe- clavier.Oui,fallait-lire :compétenciel

  7. boukezouha abdelouahab
    juillet 8, 2012

    ils devraient avoir honte c est encore une insulte pour nos chouhadas qui ne sont pas morts pour tout ces couteux carnavals mais pour liberer le pays et le peuple. pour une vrai justice pour la dignite et la liberte .mais tant qu on accepte d etre dirige par un facek comme bouteflika et une khamdja comme khalida messaoudi alors il on sera ainsi

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Cette entrée a été publiée le juillet 6, 2012 par dans Actu, L'édito.
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