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Festival de Cannes: «Déception étonnante!»


Au départ un bouquin du romancier US Don DeLillo, dont le film au titre éponyme reste une adaptation pépère, présenté hier matin en Sélection officielle. Cosmopolis, et son pitch saugrenu qui voit un golden boy, pas agréable au toucher, quittant son bureau pour aller se faire couper les tifs. Seule volonté, unique emmerde et un long chemin qui doit le faire traverser tout New York, paralysé par la venue du Président du pays. Poisse de débutant qui n’empêche pas cet éphèbe aux dents longues à rejoindre coûte que coûte son coiffeur. Dans sa limousine, il reçoit pêle-mêle son conseiller, un possible associé, une maitresse qu’il baise frénétiquement, l’agent d’un rappeur dont il affectionne les textes, son médecin particulier, bref tout un microcosme de bras cassés, de belles gueules et de point d’interrogations qui n’en finissent plus de heurter son train-train quotidien. Il se sait être la cible d’un tueur et en parallèle, perd des millions en bourse. So what !


Cronenberg, vision classique d’un cinéma qui s’est toujours meurtrit de l’intérieur. On le savait adepte du corps démembré, on ignorait sa propension à se perdre paradoxalement dans le labyrinthe littéraire. Alors que tout pouvait prévoir un possible grand film, les thèmes étant là, l’architecture du récit pouvant donner une certaine osmose entre délires visuelles et travail sur le verbe par le prisme de l’espace scénographique, Cosmopolis échoue mystérieusement et intégralement car dénué de cette ambition qui pousse les bons cinéastes à se démarquer des faiseurs d’exercice de style. Et ce film répond parfaitement à ce second critère.

Une société en déperdition
Certains films signés Cronenberg font l’effet d’un catalyseur d’une société qui pourrit, perd sa peau et finit comme un os rongé par les vautours (La Mouche, Crash, History of Violence, Dead Zone). Cosmopolis présente cet état des lieux, uniquement à travers la fenêtre de la limousine de Packer, celui par qui le scandale arrive. Inutile donc de trop patienter, car rapidement un souci vient perturber nos neurones. Celui de croire que Cronenberg est en train de rater ses intentions de départ, qu’il pousse trop loin l’utilisation du champs/contrechamps donc d’une théâtralité plate et étonnante et surtout que ses plans ressentent aucun sentiment.


Cosmopolis est mort avant d’avoir eu le temps de sortir du ventre cronenbergien. Etouffé par une parole omniprésente, le fil linéaire du film s’estompe, ne poursuivant plus sa quête de décryptage sociétal qui était forcément le propos du cinéaste. Incapable de travailler son cadre, d’en faire sortir un souffle, une transpiration, de la sueur, tout devient finalement clinique, froid, aspergé d’un factice qui désemplit l’atmosphère. Avec Cosmopolis, Cronenberg échoue là où il avait réussi pleinement dans ses trois derniers films (A Dangerous Method et surtout History of Violence et Les Promesses de l’aube), travailler sur la base d’un paragraphe pour subtilement le diviser en plusieurs points-virgules et qui offraient un récit pluriel. Ce qui manque dans Cosmopolis, c’est la sensation de ne jamais savoir où la limousine nous emmènerait, alors qu’au bout de dix minutes, l’envie de sortir pour rentrer chez soi semble être inévitable !

Samir Ardjoum

Un commentaire sur “Festival de Cannes: «Déception étonnante!»

  1. mouraddz
    mai 26, 2012

    Au-delà du film, l’autre déception.oui,la mienne.
    Et au risque de déjuger Pascal Bruckner, je dirai qu’en ce cannes 2012: la déception n’est certainement pas une catégorie du merveilleux septième art.Mais, me diriez-vous, la déception est bien moins pénible quand on ne s’est point d’avance promis le succès de ce Cannes 2012 ;au vu des critères qui ont prévalu à la sélection officielle de son prestigieux festival.
    Nonobstant, le bond qualitatif de la quinzaine des réalisateurs, avec le Cinéma Novo Latino-Américain incarné par nelson Pereira Dos Santos. Et malgré la présence remarquée et prometteuse de Merzak Allouache et de Rachid Djaidani ;Franchement, je suis plus ou moins déçu par la sélection cannoise de l’an 2012.Et je tenais à le faire entendre avant la grande marche de la palme d’or.
    Car avais-je observé qu’après le cru exceptionnel de l’an dernier, la sélection 2012 rappelle plutôt l’édition 2010 et sa tendance à un cinéma mondial faussement rafraîchissant et pas universaliste sur les bords d’un cinéma d’auteur. Un cinéma qui donnerait sa chance à un autre Lakhdar Hamina ,depuis un autre monde plus vaste que le tiers en terme d’inspiration ,de création et de composition.L’Autre principale raison de ma déception est l’absence de Prometheus de Ridley Scott,et de The Dark Knight rises de Christopher Nolan.Sans occulter l’autre raison corrélaire à ma déception et qui tenait son origine à la présence de Michael Haneke à ce festival de Cannes ;une présence qui a de quoi sérieusement laisser dubitatif quant à la teneur académique de la sélection cinématographique du festival de cannes.Et pourquoi vous le cacher: sa Pianiste de 2001 ,à la sulfureuse thématique sexuelle incarnée par isabelle huppert et qui n’est point mon genre de femme dans le cinéma de cannes,ni dans ma vie de mélomane Algérien qui aimait le piano à la note d’un Richard Clayderman et d’un Francis Lai;et à la composition d’une isabelle huppert imprégnée par le talent exceptionnel d’une diane Venora dirigée par l’immense Clint Eastwood dans bird ;le temps d’un grand moment de jazz avec Charlie Parker!.Oui,j’ose le dire, pour avoir vu certains de ses films Michael Haneke ,c’est la glaciation émotionnelle du cinéma dans sa qualité cannoise comme dans sa thématique.Une glaciation émotionnelle contaminant jusqu’aux critères de sélection de cette année.Oui,la glaciation de la mort est le dénominateur commun de plusieurs films dans la sélection de 2012.Et je cite à nos amis cinéphiles notamment:
    holy motors ,ce film dans lequel un Homme ne cesse d’emprunter des identités transexuelles. Lui, qui n’a d’ailleurs pas de vie, pas d’attache, pas de foyer et point de famille.
    Mais, il y allait de sa quête excavatrice pour une famille,une stabilité,et une vie portée par un enfant qui naîtrait d’un amour de femme.
    Mais pouvait-il y réussir cet homme dans sa glaciation émotionnelle et depuis ses perversités transexuelles et homosexuelles ;certainement pas, vous dis-je!.
    Et moi l’Algérien qui ne milite dans aucun parti politique Algérien ,et qui pourrait être l’incarnation d’une gauche Algérienne,moderne,républicaine et pragmatique à la Tony Blair,avec des valeurs et de la justice sociale en plus,et avec une vasslité en moins ;et bien j’ai le courage de dire ma pensée in this holy motors: Dire que la transexualité et l’homosexualité ne sont pas des orientations sexuelles,car,en fait elle sont la symptomatologie d’un dérèglement hormonal.
    oui, une perversité pulsionnelle au sens biologique et pathologique du terme.Et la meilleure tolérance qu’on puisse témoigner à l’égard des homos, c’est de les intégrer dans la vie; en leur faisant admettre cette vérité assénante, qui est à même de les convaincre à s’astreindre à des psycho-thérapies adéquates,sinon leur interdire de s’adonner à des perversités Thailandaises à la Frédéric Mitterrand .tiens,tiens,l’ex- ministre de la culture en France.Un ministre qui ne laissa pas son poste orphelin aprés le six mai 2012 . (relisez son livre vantant sur des bords pédophiles le tourisme sexuel, et vous comprendrez mieux).Oui,l’homosexualité c’est quelque part la mort de la vie et de l’amour que peuvent porter un homme et une femme dans le cinéma de cannes , dans les arts ,ou dans une relation portée par un contrat d’amour ,et pour la vie .Elle est aussi, ce cri strident d’une fausse note assassine et contre -nature ,qui venait de tuer la magnificence de Saturday night’s alright and the Sleeping with the Past ,dirait la composition d’un Elton John.Et conséquemment l’art qui a si violenté James Dean jusqu’à la mort.
    Et vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais, qui brave la mort. Un homme de théâtre fait convoquer ses amis acteurs après son décès. Lui,qui a déjà enregistré une requête avant de mourir ;ce film semble être librement adapté de la pièce de théâtre Eurydice, de Jacques Anouilh; en reprenantl’idée qu’il faut(l’impossible étant qu’il faille) parfois mourir pour mieux poursuivre son œuvre,sinon survivre à l’inachevé d’un mérite si ce n’est un échec ,et ce,par une mise à mort programmée.
    Dans un registre plus réaliste, La part des anges, de Ken Loach, symbolise la rédemption d’un délinquant qui se passionne pour la distillation du whisky. Cette part est l’alcool qui s’évapore pendant le vieillissement en fût, le reste finissant dans une bonne bouteille. C’est peut-être là, pour Ken Loach, une allégorie de ce qu’il faut abandonner de soi pour se bonifier une renaissance; qui risque d’être fatale si l’enfantement y était par une addiction démoniaque à l’alcool.
    Une allégorie qui nous renvoie à la pianiste de Michael Haneke.Mais vers quoi cette mort imagée par glaciation émotionnelle à cannes conduira-t-elle?. Réponse à Cannes de la palme , un jour de l’an 2012.
    Un jour pendant lequel j’espère tant que la dite mort ne sera pas celle du cinéma de cannes; qu’aimions tant, nous autres qui sommes les Algériens de la cinéphilie exigeante et indépendante d’esprit- critique.

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Cette entrée a été publiée le mai 25, 2012 par dans Cinéma, Journal d'un cinéphile extrémiste.
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