El Watan2

le laboratoire médias

Colloque El Watan Week-End – Barzakh: Quel place pour l’Algérie à l’époque des révoltes du Monde arabe?


Samedi 26 mai, El Watan Week-End et les éditions Barzah invitent Lahouari Addi et Abderrahmane Hadj-Nacer à débattre. Le sociologue et l’économiste livreront leurs réflexions sur la nation algérienne, une nation en construction cinquante ans après son indépendance. Le débat de samedi sera retranscrit en direct sur le site www.elwatan.com et sur notre compte Twitter @elwatan_weekend .

A cette occasion, le blog de El Watan Week-end vous propose une série de petits débats, tout au long de la semaine, sur les thèmes abordés samedi. Voici le troisième épisode.

La situation géopolitique de l’Algérie est conditionnée par ce qui se passe chez ses voisins. Depuis plus d’une année, des révoltes populaires secouent Sanaa, Amman, ou encore Damas. A Tripoli, Tunis et Le Caire, ces révoltes ont eu raison de dirigeants au pouvoir depuis plusieurs décennies. Celles qu’on appelle «Révolutions» ou «Printemps Arabe» étaient prévisibles selon les chercheurs.
Pour Abderrahmane Hadj-Nacer, en tuant «toute capacité d’intercession entre le pouvoir et la société civile, entre l’étranger et les pouvoirs locaux, entre l’étranger et la société locale, on aboutit à une situation qui, de toute façon est prérévolutionnaire». Pourquoi? Parce que la parole n’existe plus. Parce qu’il est impossible pour la population d’exprimer ses attentes auprès des puissants.

Pour Lahouari Addi, le Monde arabe fait surtout face à une crise de légitimité. Les régimes égyptien, tunisien et syrien ont un point commun. Ils étaient issus du combat nationaliste des années 1950-1960. La violence de ce combat a militarisé les régime, mettant à la tête des Etats, des militaires. Ces militaires ont mis en place une administration et un système politique qui ne laissait aucune place à la contestation (le parti unique par exemple).
Le pouvoir s’est affaibli dès les années 1970, lorsque les populations n’ont pas vu arriver les progrès sociaux promis.

Libéralisation des économies
En parallèle de ces protestations, les élites bourgeoises prenaient le contrôle de l’économie, en se basant, non sur la production de richesse, mais sur la rente. La libéralisation des économies a enrichi cette bourgeoisie tout en diminuant le pouvoir d’achat des plus modestes. Enfin, la participation politique promise, elle aussi, lors de la libéralisation, semblait être un leurre: «les dirigeants se sont appropriés l’électorat!» détaille l’auteur. 
Impossible de faire entendre sa voix de façon «légale». La solution de la population est alors la violence. Ce qui explique la multiplication des émeutes. «Les régimes arabes autoritaires sont entrés en crise dès qu’ils ont perdu leur cohérence idéologique», explique Ahouri Addi. «D’un côté, ils autorisent le capital privé et ont accepté les lois du marché, et de l’autre, ils ont continué à utiliser l’économie comme ressource politique. D’un côté, ils ont mis fin au système du parti unique, et de l’autre ils truquent les élections.»

Le «ratage» de 1988
Alors qu’en est-il de l’Algérie, dont le mécanisme historique est sensiblement le même que pour ses voisins ? 
Abderrahmane Hadj Nacer parle du «ratage de 1988». Un échec payé au prix fort, rappelle-t-il: «500 morts immédiats puis 150 000 morts et 15 000 disparus». L’auteur semble convaincu que ce qui aurait aidé l’Algérie à faire aboutir sa «révolution» à la fin des années 1980, c’est «d’avoir une vue positive de l’étranger». C’est à dire que des puissances étrangères viennent soutenir cette révolte, car, explique-t-il, «il n’y a pas eu de révolution qui ne soit soutenue par un acteur étranger», prenant en exemple les Révolutions française, russe, et américaine.
Pourtant, l’économiste n’adoube pas pour autant le rôle des étrangers dans le Monde arabe: «Nous devons rester vigilants, principalement par rapport aux bien-pensants et libérateurs de la dernière heure qui se multiplient dans les médias pour apporter leur soutien et réclamer la liberté politique sans jamais prôner la liberté économique».

Yasmine Saïd


A lire:
ADDI, Lahouari, Chroniques d’une expérience postcoloniale de modernisation, Barzakh, février 2012.
HADJ-NACER, Abderrahmane, La Martingale algérienne, Réflexions sur une crise, Barzakh, septembre 2011.

Pratique: «Réflexion sur une nation en construction»
Samedi 26 mai à partir de 14h30
Hotel Essafir (ex-Aletti), Alger
Infos: 021 653317

7 commentaires sur “Colloque El Watan Week-End – Barzakh: Quel place pour l’Algérie à l’époque des révoltes du Monde arabe?

  1. Djaoui
    mai 24, 2012

    Hadj Naceur ne connaît rien à l’histoire de France, ni à celle de la Russie, encore moins à l’américaine: trop d’ignorance disqualifie le « penseur » qui appelle à l’ingérence étrangère!
    Quelle triste époque!

    • Ash2zo
      mai 24, 2012

      Nous sommes suspendus à vos lumières pour nous éclairer le chemin qui nous éloignerait de cette ignorance. Nous sommes toute ouïe !
      Ash2zo

      • Djaoui
        mai 24, 2012

        Quels pays ont aidé la France de 1789? Aucun!
        Quels pays ont aidé la Russie en passe de devenir soviétique? Aucun!
        Quels pays ont aidé les indépendantistes américains, La France et La Fayette: Et cela a changé le rapport des forces?
        Le plus important est cet appel à l’intervention étrangère: pour raison humanitaire?

  2. Bounif
    mai 25, 2012

    Je suis content que les 16 sanafirs insultés par le ministre Ould Kablia ont réagi et lui ont rendu la monnaie de sa pièce car lui aussi il traine beaucoup de casseroles.

    C’est la panique qui le rend enragé et cette rage va devenir plus grande au fur et a mesure que leur fin approche car ils savent que le glas a sonné pour eux et leurs sbires.

    Comme dit Hakim Laalam, vivement la fin du cauchemar !

    La dérive régionaliste du clan présidentiel depuis 1999 doit être stoppée d’urgence sinon elle va conduire à l’implosion notre pays qui se relève lentement du terrorisme islamiste.

    Bouteflika et Belkhadem doivent être isolés afin de limiter les dégâts de la fuite en avant suicidaire de ces prédateurs, qui constituent une infime minorité qui divise les Algériens et les Algériennes pour régner sur eux en dilapidant les ressources financières et naturelles non renouvelables de notre pays.

    J’ai horreur de ce langage méprisant et de cette mentalité rétrograde du makhzen.

    A ce que je sache M. DOK, l’Algérie ne vous appartient pas ?

    Si vous avez oublié cette évidence, le peuple algérien va bientôt vous le rappeler à vous et à vos congénères du clan présidentiel, qui cherchez visiblement à mettre le feu dans notre pays avant de rentrer chez vous, au Maroc.

    Allez vous-en imposteurs !

    Ces aventuriers veulent nous faire peur en nous disant : »nous ou le déluge ».

    Nous leur répondons : »Plutôt le déluge que vous » car jusqu’à présent nous les avions eus eux et le déluge.

    Ils sont nombreux les drames et les catastrophes que notre pays a subis depuis 1962 à cause de ces calamités humaines autoproclamés dirigeants de notre pays.

    Je comprends parfaitement la vive et légitime colère qui suinte des commentaires des uns et des autres, sans doute révoltés par le triste sort que notre pays subit depuis 1999 de la part de ce clan de prédateurs cupides et obstinés.

    Je suis sur que ces aventuriers ne sont pas forts mais ils profitent de nos fausses querelles et divisions.

    Un simple sursaut d’orgueil de notre part à la hauteur des enjeux ferait déguerpir ces prédateurs qui sucent le sang de notre pays et de sa jeunesse minée par les fléaux et le désespoir.

    Nous en sommes capables et ceux qui nous les imposent depuis 1999 ne lèveront pas le petit doigt pour eux car ils leur ont fait autant sinon plus de mal qu’au peuple algérien et à l’Algérie.

    Chiche !

    M. Ould Kablia, sachez une fois pour toutes que nous n’avons pas peur de la Police de de oulid bledek EL HAMEL car nous savons que notre cause et noble et elle est soutenue par l’écrasante majorité du peuple algérien qui en a marre de vous et de vos faces rabougries malgré tous les liftings que vous avez effectués aux frais de la princesse, qui portent malheur au pays.

    La communauté internationale vous suit de très près car elle sait de quoi vous êtes capables pour rester dans vos koursis.

    Je suis très triste d’apprendre hier que l’ONG américaine CANVAS prévoit un tsunami social et l’avènement bientôt du printemps arabe en Algérie, qui ont été accélérés par la mascarade du 10 mai 2012.

    Rabi yehdikoum ou yechfikoum ou yestar bladna ou ouledna mine charkoum.

  3. Ben
    mai 25, 2012

    Je crois que la décision du Conseil Constitutionnel de rendre au PT, au FFS et à l’Alliance Verte, plusieurs sièges que le FLN de Belkhadem leur a volés, ne fait que conforter la position des 16 partis, que M. Bounif du commentaire 2, a appelés injustement « sanafirs », qui ont décidé de créer un « Parlement Parallèle » parce que l’APN issue des élections du 10 mai 2012 serait selon eux le produit de la fraude massive ordonnée par Bouteflika, au profit du FLN afin de préparer M Belkhadem, son SG fortement contesté, à sa succession, sur une base purement régionaliste.
    Papa DOK est le grand perdant du bras de fer qu’il avait engagé avec ces 16 partis politiques, dont il a appelé les dirigeants à démissionner.
    Djaballah, Menasra et consorts vont avoir le beau rôle et obtenir l’annulation de ces élections que d’aucuns appellent déjà « la mascarade du 10/05/2012.
    Notre Démocratie sera la grande gagnante de cette épreuve incha Allah.

  4. Zennir
    mai 25, 2012

    C’est vraiment enfantin de la part des vieux chnoques gâteux qui dirigent notre pays malgré nous.

    C’est à celui qui crie haut et fort qui obtient gain de cause, qui arrache son droit.

    Où est l’Etat ?

    Où est la morale ?

    Où sont la Constitution et les Lois de la République ?

    Tag aala man tag fi bled miki où tout s’achète et tout se vend même les postes de Députés, Sénateurs, Ministres, Ambassadeurs, Douaniers, Flics, etc…

    Wine rana raihim hakda ?

    Rabi yestour bledna oua ouledna.

    Je sens comme un tsunami qui monte, qui monte, qui monte au sein du peuple algérien, qui est très mécontent et très déçu et qui est quotidiennement méprisé et défié par ces « dirigeants autoproclamés »,qui vivent enterrés dans leurs bunkers, loin de ses préoccupations et de sa triste et dure réalité quotidienne.

    En d’autres temps, les institutions chargées de veiller aux grand équilibres de la société algérienne auraient réajusté les choses avant qu’il ne soit trop tard.

    Aujourd’hui, elles assistent impuissantes à la déliquescence de l’Etat algérien, privatisé par un clan, par une famille.

    Il y a péril en la demeure, messieurs et mesdames les « responsables ».

    La hayata limane tounadi

  5. Prof Rachid Rehab
    mai 25, 2012

    La Révolution algérienne comme toutes les révolutions dans l’histoire de l’humanité elle ne font changer un groupe de privilégiés par un autre groupe de privilégiés..Pendant l’époque coloniale les privilégiés étaient les colonisateurs français….après l’indépendance en 1962 le régime de Boumediene a commence a installer une structure pour son entourage qui n’étaient autre qu’un groupe de privilégiés composes d une nouvelle bourgeoisie militaire qui devait le soutenir au pouvoir quoi qu il arrive.

    La Révolution française de 1789 a supprimer la famille et société royale de France pour la remplacer par la République. C est quoi cette République..? les révolutionnaires : les députés du Tiers aux Etats-Généraux, issus de la bourgeoisie, portent les espoirs de réformes importantes. Ils ont le soutien du peuple des villes et des campagnes dont les interventions armées rendent possible la victoire. La bourgeoisie s est vite installee avec la Republique.
    Nous la voyons en France un groupe de riches qui dirige la destine de la France et qui s’associe aux riches des autres pays capitalistes pour mieux controler la classe ouvriere dans tous les pays democratiques.

    Les riches deviennent plus riche et les pauvres plus pauvres….pas au même niveau du prolétariat économique que les paysans francais de la 1789…..en France democratique les pauvres en arrache au quotidien….La democratie depuis Platon ne sigifie pas automatiquement une justice sociale garantie. Est ce que les algeriens sont prets a donner leur vie encore une fois pour obtenir une justice sociale…? Ou alors se retrouver au meme point de depart comme c est le cas des revoluitions du Printemps arabe en Egpte,Libye et Tunisie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le mai 24, 2012 par dans Actu.
%d blogueurs aiment cette page :