El Watan2

le laboratoire médias

Festival de Cannes: Huis-clos !

Jeudi 17 mai (suite et fin). Belle fin de journée avec deux films aussi originaux que différents.
 Pendant que le Pavillon algérien abritait les représentants de la « nouvelle génération de cinéastes fennecs », la salle Bazin du Palais des festivals projetait en début d’après-midi le troublant et bluesy Mékong Hôtel, ultime opus du thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

Le gars est connu des critiques de cinéma mi-extrémistes mi-bizarres et sa palme d’Or 2010(Oncle Boonmee) est venue à point nommé pour le conforter à l’une des plus importantes places du cinéma mondial. Ses films sont  parmi les plus excitants de ces 5 dernières années, ils sont aussi exigeants. Qu’à cela ne tienne, il faut parfois retrousser ses manches et accepter qu’il existe des centaines de cultures au monde. Celle de Weerasethakul est de prendre le spectateur, de lui demander de fermer les yeux et de bien écouter l’entourage. Geste suicidaire surtout qu’en 2012, personne n’ira là où on ne l’attend plus. Pourquoi Mekong Hôtel, parce que la curiosité donc le cinéma.

Le temps expérimenté

Lieu situé nulle part, entouré du fleuve-titre, et attrapé par un éclairage naturel très « fin de monde radieux ». Quelques personnages (comédiens ? ami(e)s du réalisateur ?), un musicien qui jouera de sa guitare sèche durant les 60 minutes du film, Apichatpong lui-même en discret observateur, une fille et sa mère et un amoureux transi. Répétitions musicales, théâtrales, manège sentimental et toujours des silhouettes incarnées, embrassant les plans de leur inquiétude étrangeté. Le temps n’est pas dilaté, il est expérimenté tout comme ce documentaire qui a la prétention de questionner quelques faits historiques (Thaïlande, Laos…la guerre) à travers les témoignages – réels – de la mère tout en posant délicatement les fantômes des Anciens dans les pièces de cet Hôtel. Inutile voire impossible de narrer l’histoire tant Le cinéma de Weerasethakul ne se raconte pas, il se voit, se vit, donne parfois des impressions de lassitude, nous fait bouger dans nos sièges, mais jamais il nous pousse à sortir de la salle. Beaucoup le font, regrettable erreur ! Ils ne sont pas curieux….

The We and I, second beau film de la journée dont l’auteur n’est autre que le plus bricoleur des cinéastes franco-américains, Michel Gondry. Le pitch est d’une telle simplicité qu’il en devient complexe dans sa manière de la narrer. Fin de journée  à la sortie d’une école où des adolescents fêtent le début des vacances estivales. Des élèves provenant de plusieurs classes prennent le bus qui les ramènera chez eux. 90 minutes en faux huis-clos où le verbe deviendra la matière existentielle de ces « beaux gosses » perturbés, boutonneux, cogneurs, couards et de ces pépées timides, vanneuses et parfois dépressives.

Microcosme savamment étudié par un cinéaste qui prend toutes les pincettes possibles et inimaginables pour mieux sonder une période de la vie pas toujours glorieuse : l’adolescence. Maintenant, question : Et si l’intention de Gondry était autre ? Filmer sans pour autant théâtraliser un sentiment, ralentir la dramaturgie en l’allégeant parfois de saynètes fantaisistes et où le rêve devient la vignette auto-collante des désirs juvéniles. Et si tout cela n’était qu’un brillant exercice de style maquillé en expérimentations visuelles ? Trop de questions parfois gâchent la surprise et l’innocence d’un film. Alors taisons-nous ! Verdict : un Gondry mineur et néanmoins rafraichissant !

Samir Ardjoum

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Cette entrée a été publiée le mai 18, 2012 par dans Cinéma, Journal d'un cinéphile extrémiste, et est taguée , , , , , .
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