El Watan2

le laboratoire médias

Cannes J-19: La Quinzaine des Réalisateurs

Par Samir Arjoum

Nouveau délégué général (Edouard Waintrop), nouvelle équipe donc une orientation toute différente que dans les deux précédentes éditions. Waintrop assure que le rire sera prédominant en 2012 (Adieu Berthe, Camille redouble, Sightseers…) et qu’il faudra aussi faire quelques concessions devant des œuvres aussi exigeantes qu’éclectiques (La Sirga, Gangs of Wasseypur, Sueno y silencio). Pourquoi pas ? Et le cinéma dans tout ça ? Il a l’air d’être en forme, de ne plus prêcher le politiquement correct voire l’idéologie d’une certaine camaraderie.

De toutes les sections parallèles, la Quinzaine des réalisateurs sera celle que l’on attendra au tournant, ne serait-ce que pour les propos tenus par Waintrop : « La Quinzaine se distingue par sa liberté d’esprit, son caractère non compétitif, et son souci d’ouverture à tous les publics ».
A noter prochainement l’entretien avec Laurence Reymond du comité de sélection et chargée des Courts-métrages…

Edouard Waintrop présente la sélection

LONG-METRAGE

3


Réalisateur : Pablo Stoll Ward
Pays : Uruguay, Allemagne, Argentine
En deux lignes : Deux films réalisés en tandem (Juan Pablo Rebella) et toujours le chiffre 3 qui revient dans son schéma narratif (Whisky en 2004 présentait déjà un vaudeville décalé avec 3 personnages). Un premier film solo pour une comédie du remariage

ADIEU BERTHE, L’ENTERREMENT DE MEME

Réalisateur : Bruno Podalydès
Pays : France
En deux lignes : Un réalisateur qui use et abuse d’un rire élégant, une brochette de comédien(ne)s fétiches (Denis le scénariste et frangin, Isabelle Candelier, Michel Vuillermoz), un quotidien dessiné avec fantaisie et une histoire d’enterrement pathétique et de tours de magie. Un film des Podalydès est toujours un évènement dans le cinéma français…
ALYAH
Réalisateur : Elie Wajeman
Pays : France
En deux lignes : Repéré au Premiers plans d’Angers 2011, casting élégant (Pio Marmaï, Adèle Haenel, Cédric Kahn) et histoire d’élévation spirituelle pour un juif parisien décidé à émigrer en Israël.

CAMILLE REDOUBLE
Réalisatrice : Noémie Lvovsky
pays : France
En deux lignes : Réalisatrice remarquable mais très peu prolifique, actrice géniale, et filmographie placée sous le signe de la violence des sentiments. Un dernier film au scénario rocambolesque : un couple se retrouve 25ans plus tôt quand ils s’étaient rencontrés.

DAE GI EUI WANG (The King of Pigs)

Réalisateur : Yeun Sang-Ho
Pays : Corée du Sud
En deux lignes : Film d’animation, trois prix au 2011 Festival International de Busan, budget modeste et violence stylisée. Une manière de présenter la société coréenne et ses relents de corruption.

DANGEROUS LIAISONS

Réalisateur : Hur Jin-Ho
Pays : Chine
En deux lignes : énième adaptation littéraire des Liaisons dangereuses, trois stars (le coréen Jang Dong-gun et les chinoises Ziyi Zhang and Cecilia Cheung), un réalisateur qui n’avait pas convaincu avec April Snow, épuisant mélodrame. A voir ?

EL TAAIB (Le Repenti)

Réalisateur : Merzak Allouache
Pays : Algérie
En deux lignes : Un réalisateur algérien, un film fait avec très peu de moyens, et sans doute réalisé dans l’urgence, un sujet constamment d’actualité (la réconciliation nationale et ses méfaits) et un casting jeune qu’on avait laissé pour la plupart dans le précédent film, Normal.  Une nouvelle étape chez Allouache ?

ERNEST & CELESTINE

Réalisateur : Stéphane Aubier, Vincent Patar, Benjamin Renner
Pays : France, Belgique, Luxembourg
En deux lignes : Livres de Gabrielle Vincent et scénario de Daniel Pennac, film d’animation et l’amitié entre une petite souris qui ne voulait pas devenir dentiste et un gros ours qui ne voulait pas devenir notaire. Selon les auteurs : « Un style d’animation très épuré »

FOGO

Réalisatrice : Yulene Olaizola
Pays : Mexique, Canada
En deux lignes : Une fiction en utilisant une approche documentaire, où les personnages principaux sont des acteurs non professionnels; membres de la communauté de l’île Fogo. Le film raconte l’histoire de la détérioration d’une petite communauté de Terre-Neuve, où les gens sont forcés de quitter et de se réinstaller.

GANGS OF WASSEYPUR

Réalisateur : Anurag Kashyap
Pays : Inde
En deux lignes : Un film long (2h40), une histoire vraie, un crime crapuleux et un réalisateur qui une manière personnelle de décrire son film : « Vous ne sentirez pas le poids de la durée. La narration est une nappe. Il faut prendre tout cela en considération. Et c’est un nouveau départ pour moi »

INFANCIA CLANDESTINA (Enfance clandestine)

Réalisateur : Benjamin Ávila
Pays : Argentine, Espagne, Brésil
En deux lignes : L’Argentine, une dictature militaire et un enfant de 12ans qui découvre la notion du secret au sein de sa propre famille. Film militant, amoureux, fuite vers un avenir meilleur, enfance perdue signée par un passionné de Kusturica, époque Papa est en voyage d’affaires)
BANDE ANNONCE (VO non sous-titrée)

LA NOCHE DE ENFRENTE (La Nuit d’en face)

Réalisateur : Raoul Ruiz
Pays : France, Chili
En deux lignes : Un cinéaste excentrique, bigarré, amoureux du verbe et malheureusement décédé. Film posthume qui selon certaines personnes, serait le reflet exacte du Chili des années 50 avec un travail remarquable sur le visuel…Donc un pléonasme pour Ruiz !

LA SIRGA

Réalisateur : William Vega
Pays : Colombie, France, Mexique
En deux lignes : L’horreur colombienne, un refuge dans une auberge nommée La Sirga et une jeune femme qui fuit son passé. Un film sans concession et qui refuse le manichéisme car « Chacun a ses raisons »

NO
Réalisateur : Pablo Larraín
Pays : Chili, Etats-Unis
En deux lignes : Chili, une comédie noire sur la campagne de 1988 et plus particulièrement le référendum. Un cinéaste qui ne mâche pas ses mots, auteur des pertinents Tony Manero & Santiago 73, post mortem, et qui pour la première fois, faire marrer ses plans histoire de mieux cerner sa propre histoire !

OPERATION LIBERTAD
Réalisateur : Nicolas Wadimoff
Pays : Suisse, France
En deux lignes : Le synopsis du dossier de presse est parfait, pourquoi s’en priver : « En 1978, les GAR – un groupe clandestin de la scène autonome genevoise – braquent une agence zurichoise de la banque SBS/SBG. Par l’entremise d’une camarade chilienne, employée comme femme de ménage au sein de la banque, le groupe apprend qu’un agent de la dictature paraguayenne apportait de l’argent sale à Zurich. Les GAR enlèvent alors l’agent et emportent plusieurs millions de francs. Un étudiant en art filme l’ensemble de l’opération avec une des premières caméras vidéo. Les GAR entendent démontrer la collusion entre le système bancaire helvétique et les dictatures et, pour ce faire, se dévoilent aux médias. Mais ces derniers, autant que la banque et la police, nient l’existence du braquage. 30 ans après, les cassettes vidéos que l’on croyait disparues réapparaissent. ». Serait-ce la surprise de cette Quinzaine ?
BANDE ANNONCE

RENGAINE

Réalisateur : Rachid Djaïdani
Pays : France
En deux lignes : Un poète, boxeur, acteur, réalisateur, corps impatients, belle ligne brune et toujours sur un fil(m). Une vie radicalement excitante pour un mec qui mérite amplement d’être à Cannes pour présenter son dernier opus (mystère plane sur ce film), fait avec rien sans l’aide de personnes excepté ses potes. Il y aura foule le jour de sa projection….

ROOM 237


Réalisateur : Rodney Ascher
Pays : Etats-Unis
En deux lignes : C’est une pièce assez indépendante. Un film y a été tourné, on a détruit une porte,  un écrivain barjot voulut découper en rondelles sa femme et son fils. Ce mec ressemblait à Nicholson et il n’arrêtait pas de regarder l’ombre derrière la caméra. Une trentaine d’années plus tard, un malade mental donc un cinéphile, s’est penché mystérieusement sur un film-tiroir dont son auteur continue de perturber les âmes sensibles. Shining revisited !

SIGHTSEERS (Touristes !)

Réalisateur : Ben Wheatley
Pays : Royaume Uni
En deux lignes : Une comédie noire et anglaise. Pléonasme ? Un binôme d’acteurs/scénaristes très peu connu ici, un road-movie dans lequel un jeune homme souhaite faire découvrir l’Angleterre à sa copine. Pas très motivant tout ça, mais si la quinzaine s’est permis de sélectionner ce film….A guetter donc !

SUENO Y SILENCIO
Réalisateur : Jaime Rosales
Pays : Espagne, France
En deux lignes : Toujours des envies de désarçonner ses spectateurs, propositions inventives et risquées et une filmo bien remplie. Espagnol, Rosales tisse aujourd’hui un film sur l’oubli et la renaissance dans la sphère intime.

THE WE AND THE I
Réalisateur : Michel Gondry
Pays : Etats-Unis
En deux lignes : Le synopsis est clair, un bus transporte des lycéens américains après leur dernier jour de classe de l’année. « J’étais un peu solitaire quand j’étais à l’école, je traînais avec les filles pour la plupart, pas les garçons. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi les garçons étaient si stupides quand ils étaient en groupe et pourquoi ils se permettaient d’être si méchant avec l’autre. Ce film parle de cela. ».

YEK KHANEVADEH-E MOHTARAM (Une famille respectable)
Réalisateur : Massoud Bakhshi
Pays : Iran

COURT-METRAGE
Avec Jeff, à moto (Marie-Eve Juste, Canada)
Rodri (Franco Lolli, France)
Königsberg (Philipp Mayrhofer, France)
Porcos Raivosos (Leonardo Sette et Isabel Penoni,Brésil)
Os vivos tambem choram (Basil da Cunha, Suisse, Portugal)
Portret Z Pamieci (Marcin Bortkiewicz, Pologne)
The Curse (Fyzal Boulifa, Royaume Uni, Maroc)
Tram (Michaela Pavlátová, France, République tchèque)
Os mortos-vivos (Anita Rocha da Silveira, Brésil)
Wrong Cops (Quentin Dupieux, France)

Un commentaire sur “Cannes J-19: La Quinzaine des Réalisateurs

  1. mouraddz
    avril 26, 2012

    Franchement Monsieur Samir, je suis plus ou moins déçu par la sélection cannoise de l’an 2012.Car avais-je observé qu’après le cru exceptionnel de l’an dernier, la sélection 2012 rappelle plutôt l’édition 2010 et sa tendance à un cinéma mondial faussement rafraîchissant et pas universaliste sur les bords d’un cinéma d’auteur .Un cinéma qui donnerait sa chance à un autre lakhdar hamina ,depuis un autre monde plus vaste que le tiers en terme d’inspiration ,de création et de composition.L’Autre principale raison de ma déception est l’absence de Prometheus de Ridley Scott,et deThe Dark Knight rises de Christopher Nolan.Sans occulter l’autre raison corrélaire à ma déception et qui tenait son origine à la présence de Michael Haneke à ce festival de Cannes ;une présence qui a de quoi sérieusement laisser dubitatif quant à la teneur académique de la sélection cinématographique du festival de cannes.Et pourquoi vous le cacher monsieur samir sa Pianiste de 2001 ,dont la sulfureuse thématique sexuelle incarnée par isabelle huppert n’est point mon genre de femme dans le cinéma de cannes,ni dans ma vie de mélomane Algérien qui aimait le piano à la note d’un Richard Clayderman et d’un Francis Lai;et à la composition d’une isabelle huppert imprégnée par le talent exceptionnel d’une diane Venora dirigée par l’immense clint eastwood dans bird ,le temps d’un grand moment de jazz avec charlie parker!.Oui,j’ose le dire monsieur samir, pour avoir vu certains de ses films Michael Haneke c’est la glaciation émotionnelle du cinéma dans sa qualité cannoise comme dans sa thématique.Une glaciation émotionnelle contaminant jusqu’aux critères de sélection de cette année;oui samir,la glaciation de la mort est le dénominateur commun de plusieurs films dans la sélection de 2012.Et je cite à nos amis cinéphiles notamment:
    Holy Motors: peut-être le plus surréaliste,avec cet homme qui voyageait de vie en vie. tantôt homme tantôt femme, il devient grand patron, meurtrier, mendiante (eh oui!!!!)… Il ne cesse d’emprunter des identités transexuelles. Lui, qui n’a d’ailleurs pas de vie : pas d’attache, pas de foyer et point de famille… mais il y allait à sa quête excavatrice d’une famille,d’une stabilité,et d’une vie portée par un enfant qui naquit d’un amour de femme;mais pouvait-il y réussir cet homme dans sa glaciation émotionnelle et depuis sa perversité transexuelle;certainement pas, vous dis-je!.
    Et vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais, qui brave la mort. Un homme de théâtre fait convoquer ses amis acteurs après son décès. Lui,qui a déjà enregistré une requête avant de mourir ;ce film librement adapté de la pièce de théâtre Eurydice, de Jacques Anouilh; reprend l’idée qu’il faut(l’impossible étant qu’il faille) parfois mourir pour mieux poursuivre son œuvre,sinon survivre à l’inachevé d’un mérite par la mort.
    Dans un registre plus réaliste, La part des anges, de Ken Loach, symbolise la rédemption d’un délinquant qui se passionne pour la distillation du whisky. Cette part est l’alcool qui s’évapore pendant le vieillissement en fût, le reste finissant dans une bonne bouteille. C’est peut-être là, pour Ken Loach, une allégorie de ce qu’il faut abandonner de soi pour se bonifier une renaissance; qui risque d’être fatale si l’enfantement y était par une addiction démoniaque à l’alcool.Une allégorie qui nous renvoie samir à la pianiste de Michael Haneke.Mais vers quoi cette mort imagée par glaciation émotionnelle à cannes conduira-t-elle Samir?. Réponse à Cannes un jour de l’an 2012.Un jour pendant lequel j’espère tant que la dite mort ne sera pas celle du cinéma de cannes, qu’aimions tant nous autres qui sommes cinéphiles indépendants d’Algérie!.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le avril 26, 2012 par dans Actu, Cinéma, Journal d'un cinéphile extrémiste.
%d blogueurs aiment cette page :