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Tribulations algériennes/L’Algérie, entre le marteau et l’enclume

par Noël Boussaha

Bientôt les élections. Bientôt une échéance considérée comme capitale pour le pouvoir. Et ces messieurs dames de l’Alliance présidentielle – enfin, du moins ce qu’il en reste – se sont déjà mis sur les starting-blocks. Idem pour ces messieurs (dames) qui sont qualifiés d’islamistes. D’autant que, comme vous le savez déjà chères lectrices et chers lecteurs, que ceux-ci sont plus que sûrs d’une victoire qui leur est d’ores et déjà dévolue. Une majorité islamiste, après tout, c’est tendance par les temps qui courent. Encore est-il qu’il faut que ces messieurs (dames) puissent bien s’entendre parce que lorsqu’on observe les couacs entre Frères musulmans et salafistes en Egypte, on ne peut que rester perplexe, surtout en Algérie. De toute façon, les islamistes ont déjà gagné. Ils ont commencé à gagner dès la promulgation de la première Constitution de l’Algérie dite indépendante à travers son article 2 qui stipule que l’islam est religion d’Etat. Puis, chemin faisant, ça a été la course à l’islamisation progressive de la société. Cinquante ans après une liberté acquise au prix du sang, voilà le résultat. Rien que dans la petite lucarne, El Yatima, l’Unique, les programmes dits religieux ont le vent en poupe. Entre islamisation rampante de la société, arabisation artificielle des Algériennes et des Algériens, il est clair que ce pays est toujours à la recherche de son identité, mais voilà, beaucoup vont s’accommoder de cette situation, beaucoup ne vont rien trouver à y redire. Il faut croire que la surprise ne sera pas grande en cas de raz-de-marée islamiste, non. Après tout, le phénomène est tendance chez nos voisins. Donc, en Algérie… Et cette islamisation rampante, comme dit plus haut, ne date pas d’hier. Il suffit de voir le code de la famille voté en 1984, par exemple ; l’enseignement religieux dans le système éducatif cher à ce Benbouzid, collé à son fauteuil de ministre depuis une vingtaine d’années. Maintenant, beaucoup de nos jeunes compatriotes connaissent mieux que leurs aînés les techniques pour laver des morts ou même les étapes du pèlerinage aux Lieux saints… On apprend ainsi à cette jeunesse à devenir une sorte de clone arabo-musulman, ce qu’elle n’est pas originellement. Rien de tel pour arriver à une véritable crise identitaire.

Mais ce n’est pas tout. Tous ces soi-disant repentis font leur loi dans la rue, sans que personne, du côté des autorités, ne s’en offusque. Ce pays a beaucoup changé depuis 1962. Mais doit-on parler de progrès, doit-on parler de développement lorsqu’une société ne vit que par et à travers une pensée religieuse qui semble la définir comme telle ? L’Algérie, en cette veille d’élection – qui sera, nul n’en doute, boycottée non seulement par des partis de l’opposition, mais également par une bonne partie des électeurs – est entre le marteau et l’enclume, et ce, jusqu’en 2014 au moins.

Attendons ce printemps, ce joli mois de mai et voyons ce que cela va donner, entre des islamistes qui veulent fêter leur victoire comme un symbole quelque 20 ans après la victoire volée du FIS et le pouvoir qui n’en finit pas d’envoyer des SMS aux électrices et électeurs par peur d’une victoire, non des islamistes, mais de l’abstention. Ou bien cette élection est crédible pour ces messieurs dames des hautes sphères du bateau Algérie, ou bien elle risque tout simplement de les mener en bateau. Ainsi va notre chère Algérie en cette année de grâce deux mille douze…

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Cette entrée a été publiée le février 25, 2012 par dans L'édito.
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