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le laboratoire médias

Cinéma : Visa africain pour Louxor

Par Samir Ardjoum

Louxor année 1. Coin pas du tout paumé d’un pays qui tente de se reconstruire. Egypte des pharaons, d’un cinéma perturbant et d’une envie délibérée de retrouver d’autres identités. L’Afrique en fait partie et c’est une bonne nouvelle. Depuis le 21 février et jusqu’au mardi 28, se tient le Festival du film africain de Louxor. Choix judicieux, entreprise louable, et le cinéma dans tout ça ? «Cela fait partie des nouvelles initiatives que la nouvelle commission post-révolution a soutenues, dans l’idée d’élargir le champ de vision. Certainement positif. Ensuite, la question est de savoir si dans le contexte actuel, ça va perdurer. Sans compter le flou artistique de la relation à l’Afrique noire du nord de l’Afrique qui appelle les Noirs ‘‘les Africains’’. Mais en Egypte, quand même, les Nubiens ont été un temps pharaons !» explique un critique de cinéma. En ce sens, la fondation Shabab Indépendant (FIS) a été attrapé au vol pour organiser tout ce petit monde comico-tragique (les professionnels du cinéma) et perpétuer une «certaine croyance en l’importance du Festival de Louxor pour le film africain reliée aux autres en général et à l’Afrique en particulier». C’est beau, et porteur sans doute d’un espoir qu’il faut tendre vers l’opinion publique car l’Afrique et ses tentatives cinématographiques doivent être exportées rapidement mais avec le refus du misérabilisme qui lui est souvent associé. Un film reste un film, quelle que soit sa nationalité. Selon le festival, «la mission est de soutenir et d’encourager les productions cinématographiques africaines et les partenariats entre les pays du continent à travers le renforcement des liens politiques et humanitaires entre les peuples d’Afrique en général et des artistes africains en particulier». Nous sommes bel et bien dans une idée de rétablir un pont entre les rives arabe et africaine. Plus loin, nous pouvons lire dans le communiqué de presse deux objectifs aussi différents qu’étonnants : «contribuer à l’édification du public et des critiques au cinéma africain en Egypte d’au moins 30% des cinéphiles» et «augmenter le pourcentage du tourisme local et africain en Egypte avec au moins 10% du mouvement total touristique». Mais le cinéma dans tout ça ? Trois ateliers prévus à cet effet (réalisation, la photographie et l’écriture) dans lesquels participeront entre autres les Algériens Abdul Samad Ezzy et Wessam Larraby ; les traditionnelles compétitions long et court (Normal d’Allouache et Garagouz de Zahzah y sont sélectionnés) et un panorama de 15 films qui marquèrent (?) le continent africain dont l’Algérie sera représentée par l’inépuisable et discutable Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina. Bref, pour mieux analyser, attendons de voir comment évoluera ce festival car le temps a toujours été le vecteur principal d’un bon film…

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Cette entrée a été publiée le février 25, 2012 par dans Actu.
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