El Watan2

le laboratoire médias

Tout peut exploser

Par Noël Boussaha

Bab El Oued, janvier 2011.

Ici, à Bab el Oued, rien, ou presque, n’a changé dans le positif. Les jeunes sont toujours livrés à eux-mêmes, en proie au malaise social, à la mal-vie, cet mal-vie si commune au reste de la population algérienne. Cela fait un an pratiquement, jour pour jours, que des émeutes ont embrasé ce quartier de la capitale avant de s’étendre à travers tout le pays. Des promesses ont été faites, mais force est de constater que rien n’a été fait de concret. Il est légitime, alors, de se demander alors si l’émeute n’est plus que le seul moyen d’expression dans ce pays. 2010, puis 2011, ont été riches en émeutes, le tout sur fond de Printemps arabe. Ainsi va la société algérienne en ce début de deuxième décennie du XXIème siècle, mais si, à l’approche des élections, aucune motivation ne semble visible auprès des citoyens pour s’investir à des élections qui paraissent pourtant si capitales pour le Pouvoir. L’Algérie de 2012, celle du cinquantenaire de l’Indépendance, est comme un brasier jamais éteint, comme un chaudron qui risque à tout moment d’exploser. L’Algérie de 2012 ressemble étrangement encore à l’Algérie de 2011, avec des jeunes qui rêvent de harga, un Pouvoir omniprésent et des islamistes que les victoires électorales de leurs «frères», en Tunisie, au Maroc, en Egypte et probablement en Libye leur donnent une seconde jeunesse au point, pour ce qui est du MSP, de procéder à un divorce à l’amiable d’avec l’Alliance présidentielle. L’expérience de l’ex-FIS sembler avoir pourtant suffi, et au Pouvoir, et aux Algériens. Mais l’Algérie a mal, tellement mal, que tout peut exploser à nouveau, à tel point que tout sursaut populaire peut mener le pays vers l’inconnu. Ce mal ronge ce pays est un mal social. Dommage pour un pays que les autorités continuent de qualifier de «riche». Cette richesse dont les citoyens ne perçoivent ni l’ombre, ni l’odeur, fut-elle infime. C’est de Bab El Oued que tout a commencé un 5 octobre 1988. C’est aussi de Bab El Oued que tout a commencé un 5 janvier 2011. Serait-ce de nouveau de Bab El Oued que tout risque de recommencer ? Bab El Oued, symbole du malaise algérien, Bab El Oued, symbole de cette jeunesse méprisée et pourtant si créative, si compétente. Bab El Oued, qui a marqué, à tous les âges, à toutes les générations, l’histoire récente de l’Algérie. Un an après les émeutes «de l’huile et du sucre», il y a comme un air de déjà vu. Tout peut encore exploser, malheureusement…

 

 

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Un commentaire sur “Tout peut exploser

  1. Rabah
    janvier 4, 2012

    Essentiellement fondé sur le népotisme, le régionalisme et la corruption généralisés, le pouvoir moribond de Bouteflika peut s’effondrer à tout moment.

    Il est lié à sa personne, elle meme minée par des maladies physiques et
    psychologiques graves.

    Ce recroquevillement sur son clan a été aggravé par la paranoia qui pousse Bouteflika à ne faire confiance qu’aux membres de son clan et de sa famille et le rend pathétique et inapte à assumer ses lourdes charges constitutionnelles.

    Le cas de Bouteflika va hélas s’empirer et détériorer irrémédiablement l’image de notre pays déjà ternie par la triste réputation de son pouvoir, qui lui vaut les classements les plus infames, dans de nombreux domaines.

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Cette entrée a été publiée le janvier 4, 2012 par dans L'édito.
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