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le laboratoire médias

Journal d’un cinéphile extrémiste/ Dimanche 22 avril 2012/ « J-23 avant Cannes ! »

Par Samir Arjoum

Nanni Moretti

Dans 23 jours, débutera le 65e festival de Cannes (16 au 27 mai 2012) et son lot de surprises filmiques, de rencontres hasardeuses, de litres de cafés, de nicotines inhalés par mégarde et de nuits adorablement courtes. Trois jours auparavant, les 21 films de la sélection officielle tombèrent sur nos pauvres esprits, en attendant qu’ils soient achevés, cette semaine, avec l’annonce de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs. Une tonne de films, plusieurs sections parallèles (ACID, Semaine de la critique, CinéFondation…), le pavillon algérien fraichement mis en place (c’est une première, reste à savoir ce que les organisateurs comptent en faire), et irrémédiablement un journal qui sera tenu au jour le jour.

En parallèle, le président du jury sera Nanni Moretti et d’emblée, on est en droit d’esquisser un large sourire tant l’extrémisme et la rigueur sont les mots-clés de cet auteur dont la filmographie est l’une des plus belles de ces 20 dernières années.

Extrémisme ? Belle transition pour confirmer que durant cette quinzaine, je reprendrais le Journal d’un cinéphile extrémiste. En attendant l’ouverture du festival avec la projection du dernier film de l’américain Wes Anderson, Moonrise Kingdom, voici la liste détaillée de la sélection officielle. Dans la semaine, seront publiées celle des sections parallèles.

DE ROUILLE ET D’OS

Réalisateur : Jacques AUDIARD

Pays : France

Participation cannoise : 3 dont Grand Prix 2009 (Un Prophète) et Prix du meilleur scénario 1996 (Un Héros très discret)

Voir la bande annonce 

D’abord un texte, celui de l’écrivain canadien Craig Davidson connu sous le pseudonyme de Patrick Lestewka. Puis une histoire qui emprunte les codes du drama avec figures humaines que tout sépare, et aux antipodes de l’antinomie. Enfin une adaptation signée Jacques Audiard, l’un des personnages emblématiques du cinéma français de ces 15 dernières années. Après le triomphe d’Un Prophète, il revient avec cette version de la Belle et bête sévèrement burnée et dont on pourrait rapprocher d’un autre film où la femme avait un rôle aussi déterminant que le mâle dominant, Sur mes lèvres (2002). Une bande annonce pas très convaincante, mais un casting saugrenu, Marion Cotillard et le redoutable Matthias Schoenaerts, comédien belge vu récemment dans Bullhead. Audiard, paradoxalement, se pose là où l’attendait le moins (surtout après le baroque Un prophète), dans quelque chose d’intimiste et de moins flamboyant.

HOLLY MOTORS

Réalisateur : Leos CARAX

Pays : France

Participation cannoise : 3

Vilipendée, acclamée, parfois rejetée, l’œuvre du cinéaste Carax, a toujours suscité une réaction quasi épidermique au sein de la Maison Cinéma. Inutile de rappeler les légendaires Boy Meets Girl (1984), Mauvais Sang (1986) et/ou Les Amants du Pont-Neuf (1991). Impossible d’oublier les mystérieux silences entre deux films (Entre Les Amants du Pont-Neuf et Pola X, 8 années se sont écoulées et Pola X et Holly Motors, 13 ans !). Que raconte ce dernier opus ? Hormis une distribution périlleuse (Kylie Minogue, Eva Mendes, le retour de Denis Lavant, Michel Piccoli, Edith Scob…) et une photo signée Caroline Champetier, l’histoire, comme chez Carax reste particulière et œuvre à une forme de récit-tiroir. Un acteur qui incarne une multitude de personnages, des hommes et femmes qui ne sont qu’une seule et même personne et un cinéaste qui s’épuise dans la fabrication du film. La mort en mouvement ? Chef d’œuvre ou pétard mouillé ! Réponse : à partir du 16 mai 2012 !

COSMOPOLIS

Réalisateur : David CRONENBERG

Pays : Canada

Participation cannoise : 4 dont Prix spécial du Jury 1996 (Crash)

Voir la bande annonce 

La BA est dynamique, hachée et donne une fois de plus l’envie d’aller se frotter aux plans du canadien volant. Après son discutable A dangerous method, l’auteur de La Mouche dépose cette fois-ci une autre adaptation aux portes du cinéma, celle du roman éponyme de Don DeLillo qui narrait avec violence et froideur, la journée d’un golden boy, enfermé dans sa limousine, et qui n’aspirait qu’à une chose, se faire couper les tifs ! Pour certains, c’est l’une des œuvres les plus attendues sur la Croisette…

THE PAPERBOY

Réalisateur : Lee DANIELS

Pays : USA

Participation cannoise : 1

Son premier film, Precious, fit l’effet d’une bombe dans la catégorie Un certain regard en 2009. Chronique désespérante d’une ado obèse, violée et enceinte de son père, maltraitée par sa mère, qui apprenait à lire et à écrire, tout un programme ! Cette année Lee Daniels revient avec une adaptation d’un scénariste d’Hollywood, Pete Dexter. Dans The Paperboy, Daniels renoue certainement avec une vision old school du cinéma, s’éloignant du côté « indépendant » qui auréolait Précious. Casting correcte (Matthew McConaughey, Zac Efron, Nicole Kidman, John Cusack), intrigue peu originale (Deux frères journalistes enquêtent sur un condamné à mort, accusé à tort ( ?) d’avoir éventré un shérif local), hâte de savoir ce qui a fait jouir Thierry Frémaux dans The Paperboy !

KILLING THEM SOFTLY

Réalisateur : Andrew DOMINIK

Pays : USA

Ce réalisateur australien s’était d’abord fait connaitre en 2000 avec Chopper, virée dans le monde comico-cruel de l’ennemi public n°1 du pays. Puis en 2007, Dominik se réapproprie le western et convoque Brad Pitt et Casey Affleck pour les confronter dans la lente et énigmatique Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Toujours avec Pitt, renforcé par le toujours et sous-estimé Ray Liotta, Dominik signe une adaptation d’un polar écrit en 1974 (Cogan’s Trade, de George V. Higgins). Killing them softly, c’est du poker, un hold-up, un mec qui enquête sur tout ça et la noirceur de l’urbanisme bostonien.

REALITY

Réalisateur : Matteo GARRONE

Pays : ITALIE

Participation cannoise : 1 dont Grand Prix 2008 (Gomorra)

Le président du jury, cette année, est Nanni Moretti, cinéaste italien. Comment va-t-il réagir face à ce nouveau film de l’auteur de Gomorra. Reality, c’est une fenêtre cruelle et sans concession sur l’univers de la tele-réality, donc un retour aux comédies italiennes d’antan où la gaudriole, le décalé et le verbe gargantuesque créaient une mise en scène déjantée où tout pouvait arriver. Faut voir !

AMOUR

Réalisateur : Michael HANEKE

Pays : France

Participation cannoise : 9 dont Palme d’or 2009 (Le Ruban Blanc), Prix de la mise en scène 2005 (Caché) et Grand Prix 2001 (La Pianiste)

Son cinéma a changé depuis Benny’s video, sans doute plus accessible, moins « puzzle », serait-ce une qualité ? Quoiqu’il en soit, Haneke a raflé la palme d’or, le prix de la mise en scène et le grand prix durant toutes ces années. A quoi bon ? Continuer à faire et montrer des films dans une ville mi-gominée mi-cinéphile. Dans ce nouvel opus, l’auteur autrichien filme « un couple d’octogénaires, profs de musique à la retraite, dont la femme est victime d’un accident cérébral qui, en la laissant pour partie paralysée, va mettre à l’épreuve l’amour puissant qui unit ce duo depuis des années ». Et de conclure sur le trio d’acteurs incroyable : Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Rive et Isabelle Huppert ! Pourquoi pas !

LAWLESS

Réalisateur : John HILLCOAT

Pays : AUSTRALIE

Après un western injustement méconnu (The Proposition, 2005) et surtout le surestimé La Route (2009), Hillcoat filme une histoire vraie axée autour d’un trio de frangins qui firent fortune dans la contrebande d’alcools durant la grande dépression. D’un côté Shia LaBeouf et Jessica Chastain (The Tree of Life) pour le casting et de l’autre, un cinéaste attentif, discret et qui a toujours fait fi de la grandiloquence pour questionner son rapport à l’Histoire.

DO-NUI MAT (TASTE OF MONEY)

Réalisateur : IM SANGSOO

Pays : Corée du Sud

Participation cannoise : 1

Voir la bande annonce 

Grands ensembles, une histoire qui mettrait en scène un arriviste, sorte de mix entre Rastignac et le héros de Theorème (Pier Paolo Pasoloni, 1968) et un cinéaste sud-coréen qui continue de pointer du doigt sa propre société. Après le remarqué The Housemaid, Im SangSoo continue de tracer une ligne horizontale où chaque médiocre se voit confier le rôle de leur vie. Un film sans concession !

DA-REUN NA-RA-E-SUH (IN ANOTHER COUNTRY)

Réalisateur : HONG SANGSOO

Pays : Corée du Sud

Participation cannoise : 6

Ce mec est un génie du film « qui ne parle de rien mais qui embellit la vie de rime ». La Femme est l’avenir de l’homme, Conte de cinéma, Turning Gate, Okie’s Movie, Hahaha…j’en passe et des meilleurs. Un film par an, semble nous dire ce réalisateur qui cette fois-ci invite Isabelle Huppert (encore ?) à rejoindre son univers de couples qui se font et se défont, de sexe minable, de verbiage sans fond et surtout de beuveries instantanées. Peut-être la surprise de l’édition 2012 où le cinéma et la vie s’entremêlent pour ne former qu’un récit lumineux.

LIKE SOMEONE IN LOVE

Réalisateur : Abbas KIAROSTAMI

Pays : JAPON

Participation cannoise : 9 dont Palme d’or 1997 (Le Goût de la cerise)

Voir la bande annonce  

Copie Conforme, présenté en 2010, avait suscité des réactions mitigées. Quid de ce film-hommage à Ozu et Mizoguchi, quid de cette entrée dans la culture nippone (après l’Afrique avec A.B.C Africa et l’Italie et sa Copie Conforme) et quid de cette bande-annonce qui effleure des sens et nous renvoie à aucun autre film connu du réalisateur iranien. L’histoire ? Une étudiante qui vend ses charmes pour financer sa scolarité et un vieil homme entouré de ses livres. Mystérieux…

THE ANGELS’ SHARE (LA PART DES ANGES)

Réalisateur : Ken LOACH

Pays : Angleterre

Participation cannoise : 16 dont Palme d’or 2006 (Le Vent se lève), Prix du Jury 1993 (Raining Stones), Prix du jury 1990 (Hidden Agenda) et Prix du cinéma contemporain au Festival International du Film 1981 (Regards & sourires)

Je n’ai jamais eu un faible pour l’œuvre politisée d’un cinéaste adepte d’une mise en scène de la colère où les revendications et autres meetings de la pellicule seraient l’apanage de son sacerdoce. Le ras-le-bol n’a jamais réellement donné du bon au cinéma, pire, il le déréalise et lui donne le mauvais chemin, emmenant avec lui trop de personnes vampirisées par ce procédé. Avec La part des Anges, Loach renoue avec la comédie, type Riff-Raff, et place le héros de son 27e film, un jeune père de famille, buveur invétéré, dans un projet de création d’une distillerie. On appelle ça la réinsertion sociale !

V TUMANE (DANS LA BRUME)

Réalisateur : Sergei LOZNITSA

Pays : Ukraine

Participation cannoise : 1

Il y a deux ans, il crevait l’écran en sélection officielle, avec son troublant et récupérateur, My Joy ! Aujourd’hui, il était inconcevable de ne pas le « placer » une fois de plus pour la course à la Palme d’or. Provenant de l’école du docu, avare en mots (tant mieux !), créateurs de plans, et toujours cette envie de regarder dans le rétroviseur pour mieux avancer. Cinéaste passéiste ? réactionnaire ? Non ! Juste un visionnaire de la forme ! Avec ce dernier film, c’est un pan troublant de la seconde guerre mondiale qui est questionné, à travers une accusation sans preuve et les gestes hautement illogiques de deux soldats dépêchés pour aller liquider le prétendu coupable. Pour moi, l’attente de la quinzaine !

BEYOND THE HILLS

Réalisateur : Cristian MUNGIU

Pays : Roumanie

Participation cannoise : 3 dont Palme d’Or 2007 (4 mois, 3 semaines et 2 jours)

Depuis quelques années, on évoque le terme simpliste de « Nouvelle vague roumaine ». Si cela est fondé, alors Mungiu serait l’un des fers de lance. Palmé avec 4 mois, 3 semaines et 2 jours, il revient toujours avec une histoire qui prends au tripe, tout en disséquant la médiocrité des caractères de sa société. Récit autour d’une présumée possédée, filiation avec le totalitarisme religieux et quelques points de suspension sur le visage d’une femme tuméfiée par le remords.

BAAD EL MAWKEAA (APRES LA BATAILLE)

Réalisateur : Yousry NASRALLAH

Pays : Egypte

Participation cannoise : 3

Ancien assistant, co-scénariste, fils spirituel, homme touche-à-tout de Youssef Chahine, Yousry Nasrallah est devenu en quelques films le plus pertinent des cinéastes égyptiens. Un point c’est tout ! Auteur d’une filmographie à fleur de peau (La Ville, La Porte du soleil et l’incompris mais nécessaire Femmes du Caire), Nasrallah questionne dans Après la bataille, la liberté de panser ses blessures sans toutefois adhérer à une réconciliation nationale. Intéressant…

MUD

Réalisateur : Jeff NICHOLS

Pays : USA

Participation cannoise : 1 dont Grand Prix de la semaine internationale de la critique & Prix de la SACD 2011 (Take Shelter)

Jeff Nichols parle de son film (VO non sous-titrée)

Préférant son méconnu et premier film, Shotgun Stories à Take Shelter, je reste toujours attentif aux expérimentations narratives d’un cinéaste qui compte parmi les fleurons du cinéma américain de ces 5 dernières années. Toujours une envie d’emprunter les codifications du genre (Fantastique avec Take Shelter ou bien le road-movie comico-sentimental avec le dernier, Mud), Jeff Nichols refuse de s’y attarder, car en les contournant en plein du milieu du film, il s’adapte rapidement à l’actualité qui le hante, celle des paumés !

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU

Réalisateur : Alain RESNAIS

Pays : France

Participation cannoise : 9 dont Prix exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution à l’histoire du cinéma 2009 (Les Herbes folles), Prix de la Critique Internationale – F.I.P.R.E.S.C.I. ainsi que Grand Prix Spécial du Jury (Mon oncle d’Amérique) en 1980

C’est une libre adaptation d’Eurydice, la pièce de Jean Anouilh. C’est aussi l’occasion de réunir une partie de la troupe, les Arditi, Azéma, Wilson, Consigny et autres Amalric. C’est une manière, peut-être, de fermer définitivement le rideau en proposant au public, une remise en question d’un cinéma qui perdure depuis plus de soixante ans. Ce sera un beau film ou un mauvais souvenir. En tout cas, ce sera du Resnais !

POST TENEBRAS LUX

Réalisateur : Carlos REYGADAS

Pays : Mexique

Participation cannoise : 3 dont Prix du jury 2007 (Lumière silencieuse)

Au début, très peu emballé par ces films-esbroufes (dont Bataille dans le ciel, en 2004, était selon moi l’apogée du cynisme facile), puis en 2007, Lumière silencieuse arrive et l’on est obligé de revoir toute la filmographie de ce cinéaste mexicain qui filme comme il pourrait peindre, sans retenue. Dans Post Tenebras Lux, c’est toute la face cachée de sa vie (donc de son iceberg) qui sera le fil conducteur, quitte à pénétrer dans un voyeurisme, à décourager les spectateurs toujours formatés, et à y laisser des traces…silencieuses !

ON THE ROAD

Réalisateur : Walter SALLES

Pays : USA

Participation cannoise : 4

Voir la bande annonce (VO non sous-titrée)

Un pavé de la littérature US, le fantôme d’un paumé magnifique (Jack Kerouac) et un cinéaste aussi brouillon que passable derrière la caméra. Sur le papier, on peut être mitigé, et au final, on ne sera ni surpris, ni énervé. Attendons de voir de quelle manière, le réalisateur brésilien, Walter Salles, filmera le verbe possédé d’un Kerouac tout en le transposant dans notre monde qui ne tourne plus rond !

PARADIES : Liebe (PARADIS : Amour)

Réalisateur : Ulrich SEIDL

Pays : Autriche

Participation cannoise : 1

C’est un inconnu du grand public et c’en est regrettable. Lion d’or à Venise en 2001 avec Dog Days et déjà sur la Croisette avec Import/Export en 2007, l’autrichien de 60ans questionne avec Paradis : Amour, la territorialisation humaine à travers trois historiettes matinées de sexe, de confessions religieuses et de lutte des classes. Ses films, toujours emprunts d’une radicalité burlesque, explorent avec beaucoup de cynisme le rapport des êtres quitte parfois à virer vers un aspect clinique qui peut dérouter voire ennuyer le spectateur.

JAGTEN (THE HUNT)

Réalisateur : Thomas VINTERBERG

Pays : Danemark

Participation cannoise : 1 dont Prix du Jury 1998 (Festen)

Reportage sur le film (VO ST Anglais)

Depuis la claque Festen en 1998, très peu de choses convaincantes de la part du danois Vinterberg. Sur le papier, The Hunt intéresse énormément. Un quarantenaire interprété par Mads Mikkelsen, acteur au charisme silencieux, va faire les frais d’un mensonge qui ternira sa réputation. Synopsis qui pourrait faire penser à Festen dans sa construction narrative, dans le détail, sans doute que Vinterberg reviendra à une forme plus classique… ?

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Cette entrée a été publiée le avril 21, 2012 par dans Le direct.
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